lundi, 21 juillet 2008

lu ce soir sur le site de RUE 89

Un an de Sarkozy: qu'a-t-il fait de ses promesses?

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Douze mois après son élection, l’heure est au bilan. Le président français a-t-il respecté les promesses du candidat UMP?

1er août 2007: le Parlement adopte définitivement la loi Tepa (Travail, emploi, pouvoir d’achat). Plus connue sous le nom de « paquet fiscal », elle instaure un bouclier fiscal, exonère de taxes des droits de succession et défiscalise les intérêts d’emprunts immobiliers. Cette loi censée relancer l’économie française se chiffre à environ 15 milliards d’euros par an.

8 janvier 2008: en conférence de presse, Nicolas Sarkozy avoue qu’il ne peut vider « des caisses qui sont déjà vides ». Tout le gouvernement reprend en coeur ce qui va devenir une ritournelle, quand certains de ses membres ne vont pas plus loin encore, tel le ministre du budget Eric Woerth:

« Le Président, quand il dit que les caisses sont vides, a raison. Les caisses ne sont pas vides, elles sont plus que vides, elles sont en déficit de 38 milliards. »

Deux dates qui symbolisent le bilan plus qu’en demi-teinte de la première année du Président. Mais, lors de son interview télévisée du 24 avril, le chef de l’Etat a demandé à être jugé dans quatre ans: « Je ne peux pas faire tout, tout de suite. » Dont acte. Ce qui n’empêche pas de faire un bilan d’étape en cette veille d’anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

Les promesses tenues

Principale des réussites de Nicolas Sarkozy relevée chaque fois qu’il est question de son bilan: avoir fait ratifier par la France le mini-traité européen ou Traité de Lisbonne. Les nonistes de 2005 sont restés farouchement opposés à ce qu’ils considèrent être le même texte que la Constitution européenne rejetée alors par référendum, mais le nouveau texte a eu au moins le mérite de sortir l’Union européenne du blocage dans lequel elle se trouvait depuis deux ans, en raison notamment de l’absence de véritable « plan B ».

En politique intérieure, le chef de l’Etat peut se targuer d’avoir relégué au second plan ce qui était depuis deux décennies la préoccupation première des Français: le chômage, descendu à 7,5% de la population active. Attention cependant à ne pas y voir une victoire imputable à la seule politique gouvernementale: cette baisse, qui a commencé il y a plusieurs années, répond avant tout à une mécanique démographique, les « babyboomers » arrivant à l’âge de la retraite. Et, selon l’Insee, le taux de chômage devrait stagner cette année, alors qu’on s’attendait encore, il y a quelques mois, à la poursuite de sa baisse.

Ouvert mais ferme, c’est avec cette manière paradoxale de mener le dialogue social que Nicolas Sarkozy a fait adopter avec succès plusieurs réformes promises pourtant à une impopularité certaine. Trois particulièrement ont été adoptées après une période de tension qui aurait pu être à l’origine de grèves bien plus problématiques:

La réforme des universités. Elle fut d’abord négociée entre les syndicats étudiants et la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse. Il a fallu l’intervention du Président l’été dernier pour freiner les velléités de la seconde et satisfaire les premiers. Finalement, ni sélection à l’entrée du master ni augmentation des frais d’inscription, mais toutes les universités « dans un délai de cinq ans » devront accéder à l’autonomie dans les domaines budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines.

La loi sur le service minimum. Plusieurs milliers de personnes ont défilé partout en France le 31 juillet pour exprimer leur opposition au texte, mais il a finalement été adopté le 2 août, dernier jour de la session extraordinaire du Parlement. La « loi instaurant le service minimum dans les transports publics terrestres » n’est cependant qu’une loi-cadre et des accords d’entreprise ou de branche sont indispensables à son application. Le combat ne s’annonce pas moins intense dans les prochains jours avec la volonté du gouvernement d’expérimenter le service minimum d’accueil dans les écoles primaires à l’occasion de la grève des enseignants du 15 mai.

La réforme des régimes spéciaux de retraite. Ce qu’Alain Juppé avait échoué à faire en 1995, Nicolas Sarkozy y est parvenu douze ans plus tard. Après neuf jours de grève dans les transports parisiens et à la SNCF, le mouvement est suspendu et les principales organisations syndicales acceptent de s’assoir autour d’une table pour négocier. La réforme est signée. La durée de cotisation passera de 37,5 à 40 ans dès 2012, et sera de 41 ans en 2016.

Un dialogue plus difficile n’empêche toutefois pas les réformes d’être adoptées. Soulevant la colère dans la quasi totalité des milieux juridiques et judiciaires, la réforme de la carte judiciaire, emmenée par la Garde des Sceaux Rachida Dati, est sur les rails, malgré la suppression annoncée de quelque 250 tribunaux. Idem concernant les franchises médicales (50 centimes d’euro par boîte de médicaments et par acte paramédical, 2 euros par transport sanitaire, dans la limite de 50 euros par an), qui suscitent toujours des manifestations malgré leur entrée en vigueur le 1er janvier. Moins importants que prévus, eux, les non remplacements de fonctionnaires seront tout de même de un sur trois en 2008 (22900 postes en moins). Ce n’est qu’en 2009 que sera atteint l’objectif promis de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Les promesses partiellement tenues

Victime de ses effets d’annonce, le Président n’a pu tenir qu’en partie nombre de promesses effectuées par le candidat. A force de confondre volontarisme et précipitation, il s’est pris les pieds dans le tapis dans presque tous les domaines, tout en parvenant à sauver les apparences.

« Je gouvernerai avec un gouvernement resserré », promettait ainsi le projet présidentiel du candidat de l’UMP, en plus de prévoir un gouvernement paritaire et ouvert. Un an et deux remaniements plus tard, il n’en reste pas grande trace. Quinze ministres, huit hommes, sept femmes, des socialistes et des centristes, le compte était presque bon le 18 mai. Mais deux engraissements successifs ont plombé la volonté initiale. Depuis la défaite aux municipales, le gouvernement est composé de 38 membres, dont seulement treize femmes, et a n’a été augmenté ou modifié qu’au profit de fidèles du Président.

Volontariste, Nicolas Sarkozy l’était également à l’égard des otages faisant les gros titres de l’actualité. Après huit ans de captivité en Lybie, le chef de l’Etat, avec son épouse Cécilia Sarkozy, parvient à faire libérer les cinq infirmières bulgares et le médecin d’origine palestinienne accusés d’avoir inoculé le virus du Sida à plusieurs centaines d’enfants. Mais à quel prix? La promesse en contrepartie de la construction d’une centrale nucléaire, notamment, a choqué.

Le président de la République n’a toutefois pas réussi à mettre fin au calvaire d’Ingrid Betancourt. La Franco-Colombienne demeure entre les mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Même si ses méthodes sont parfois contestées, Nicolas Sarkozy ne ménage pas ses efforts sur ce dossier: messages vidéos et envoi d’une mission humanitaires en constituent la partie visible.

L’école fournit également deux des illustrations les plus patentes. Certains enseignants ont refusé de se plier à sa demande de faire lire la lettre de Guy Môquet, jeune résistant communiste, dans tous les lycées de France. Et, devant le tollé provoqué, Nicolas Sarkozy a été contraint d’assouplir sa volonté de faire parrainer par les élèves de CM2 les 11000 enfants français victimes de la Shoah dès la rentrée 2008.

Plus loin de ces symboles à l’école, au niveau institutionnel ou sur le plan international, c’est en politique intérieure que le pensionnaire de l’Elysée rencontre le plus de difficultés à obtenir pleinement satisfaction sur les chantiers ouverts:

La loi sur la récidive. Le texte prévoit des peines plancher pour les récidivistes et des remises en cause de l’excuse de minorité, mais le Conseil constitutionnel a censuré la possibilité de placer en détention les criminels restés dangereux à l’issue de leur peine pour les condamnations prononcées avant l’adoption de la loi. Faisant peu de cas de la décision de l’instance suprême, Nicolas Sarkozy a tenté, en vain, de contourner cette interdiction.

La loi sur l’immigration. Enième texte sur le sujet initié par Nicolas Sarkozy, il a provoqué une polémique concentrée sur un seul et même article: l’amendement ADN prévoyant la possibilité de recourir à des tests génétiques pour permettre le regroupement familial. Jusqu’au sein de la majorité des élus s’en sont indignés. Il a finalement été adopté, mais vidé de sa substance.

Le Grenelle de l’environnement. Après plusieurs mois de réunions consultatives, le chef de l’Etat a présenté le 25 octobre les conclusions du Grenelle de l’environnement, un des points forts de son projet présidentiel. Saluées par les associations écologistes, elles doivent encore être traduites dans la loi. Motif de satisfaction: le gouvernement a déjà activé, suivant le principe de précaution, la clause de sauvegarde concernant le seul OGM cultivé en France, le maïs Monsanto MON810. Source d’inquiétude: le projet de loi encadrant la culture des OGM, actuellement en débat au Parlement, suscite l’inquiétude de ces mêmes associations.

Plan banlieue et RSA. Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, et Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives, ont de nombreux points communs: faire partie des membres du gouvernement dits « d’ouverture », avoir comme objectif de réaliser une mission quasi unique, et connaître les pires difficultés pour y parvenir. Le plan banlieue de Fadela Amara a été maintes fois repoussé pour cause officiellement d’insuffisances, officieusement de freinages d’autres ministères. Le financement du Revenu de solidarité active de Martin Hirsch a, lui aussi, longtemps été incertain, avant que le Président n’annonce le 24 avril qu’il débloquera « un milliard, un milliard et demi », quand le haut commissaire en réclame le double, et que l’argent proviendra en partie du redéploiement partiel de la prime pour l’emploi.

Les promesses non tenues

C’est la première chose à laquelle on pense quand on parle bilan: l’économie. Et c’est un échec. Le « président du pouvoir d’achat » n’habite pas à l’Elysée. En plus de l’absence de résultats de loi Tepa, le prix du carburant et des denrées de première nécessité flambe. Comme pour s’en excuser, Nicolas Sarkozy a confié qu’il n’était pas « le Père Noël ». Insuffisant, lui répondent les Français qui font chaque mois de moins en moins confiance, d’après les enquêtes d’opinion, à celui qui n’avait qu’un slogan à la bouche: « Travailler plus pour gagner plus! »

Incarnation de cette impuissance: le sauvetage raté de l’aciérie de Gandrange en Moselle. « On va se battre, vous n’êtes pas seuls », promettait Nicolas Sarkozy aux ouvriers, le 4 février. La direction d’ArcelorMittal, propriétaire du site, refuse toujours de vendre à un repreneur; et licenciements et reclassement prévus sont encore en vigueur.

Il jurait d’aller « chercher la croissance avec les dents », il est donc en passe de se les casser. Le gouvernement annonce une faible prévision de croissance, entre 1,7% et 2% pour 2008, et Bruxelles le somme même de la réviser encore à la baisse. Ce ne sont pas non plus les chiffres du Budget qui rassureront: le déficit public de la France pour 2009 a été récemment revu à la hausse à 2,0% du PIB, contre 1,7% prévu initialement. Pour y remédier, Nicolas Sarkozy a fait appel aux lumières de Jacques Attali, mais ses 316 propositions pour « libérer la croissance » mécontentent jusque dans les rangs de la majorité.

La diplomatie est l’autre épine majeure dans le pied qui fait boiter Nicolas Sarkozy. Il avait promis de ne pas suivre le chemin de la diplomatie de l’ère Chirac, il emboîte dans les faits le pas à son prédécesseur, quand il ne va pas encore plus loin, notamment dans quatre dossiers:

La Russie. Nicolas Sarkozy assurait ne pas pouvoir serrer la main de Vladimir Poutine. Non seulement il n’a pas rechigné à le faire, mais il a ensuite été l’un des rares chefs d’Etat à décrocher son téléphone, début décembre, pour le féliciter de la victoire de son parti aux élections législatives. Des élections dont le bon déroulement a provoqué les « inquiétudes » de l’UE et de l’OSCE.

La Libye. En plus d’avoir promis d’équiper la Lybie lors de la libération des infirmières bulgares, le président de la République a accueilli le général Kadhafi en visite officielle en France, mi-décembre, pour quatre jours qui ont viré au supplice. Mensonge à la clé: le Guide n’a pas signé pour dix milliards d’euros de contrats, comme annoncé alors par l’Elysée.

La Françafrique. Directement inspiré par les conseillers du Président, l’appel de Jean-Marie Bockel à signer « l’acte de décès de la Françafrique » lui a coûté sa tête. Le secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie a été relégué aux Anciens combattants lors du remaniement gouvernemental du mois de mars. Omar Bongo, le président gabonais qui réclamait sa tête, a parlé de « bonne nouvelle ».

L’Afghanistan. Alors que le candidat Sarkozy se disait favorable au retrait des forces françaises d’Afghanistan, le Président a annoncé le 26 mars, devant le Parlement britannique, l’envoi sur place de 700 militaires français supplémentaires. Avant de se justifier un mois plus tard, au cours de sa dernière interview télévisée: « Ce n’est pas une guerre, puisque l’immense majorité des Afghans ont besoin de la coalition qui se trouve sur place. »

Au final, un an après l’élection présidentielle, l’action de Nicolas Sarkozy peine à convaincre. Pire, elle suscite des inquiétudes. Selon un sondage CSA paru samedi dans l’hebdomadaire Marianne, 62% des personnes interrogées pensent que la France va traverser une grave crise d’ici la fin du quinquennat.


 

mardi, 06 mai 2008

lu ce soir sur le site de RUE 89

 

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La première année de réformes des prédécesseurs de Sarkozy

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Par André Larané | Herodote.net | 05/05/2008 | 22H30

Nicolas Sarkozy a dit de sa première année au pouvoir: "Il n'y a pas eu une telle action réformatrice depuis de Gaulle". Pour en juger, la liste des principales mesures de ses cinq prédécesseurs, dans la première année de leur mandat.

  • Charles de Gaulle (élu le 21 décembre 1958)

L'homme du "18 Juin" revient au pouvoir à la faveur d'un coup de force le 13 mai 1958. Le 28 septembre 1958, un référendum amène les Français à choisir une nouvelle Constitution (dans le même temps, les indigènes des colonies votent sur leur destin). Le général de Gaulle est élu président de la République par un collège électoral le 21 décembre 1958 et prend officiellement ses fonctions le 8 janvier 1959. Il nomme Michel Debré Premier ministre.

Dès le 5 octobre 1958, le général a obtenu de l'Assemblée nationale de pouvoir gouverner pendant quatre mois par ordonnances, c'est-à-dire sans passer par la discussion et le vote des textes devant les députés. Il profite de cette facilité pour débloquer à marches forcées l'économie du pays, grippée par la crise politique et la guerre en Algérie. Pas moins de 70 textes sont à cet effet promulgués. Un premier train de mesures permet de combler les vides de la réforme constitutionnelle (mode de scrutin…); un deuxième se rapporte aux réformes de structure (hôpitaux, défense…); un troisième enfin concerne l'économie.

Le plan Pinay-Rueff (30 septembre 1958)

Le 30 septembre 1958, le prestigieux économiste Jacques Rueff réunit un comité de huit personnalités (président de Péchiney, de la Société générale…), sous le patronage du ministre des Finances Antoine Pinay, pour remettre l'économie sur pied. Leur rapport final ne compte que 25 pages et s'en tient à quelques mesures essentielles. Le président de Gaulle les fait adopter dans leur intégralité par ses ministres le 23 décembre 1958.

Le "plan Pinay-Rueff" prescrit une sévère cure d'amaigrissement de l'administration, allant jusqu'à supprimer la retraite des anciens combattants (cette mesure, symboliquement odieuse, sera plus tard rapportée). Le plan supprime les indexations (notamment sur le blé) et libère résolument les échanges extérieurs. Enfin, le 28 décembre 1958, il dévalue le franc de 17% et, mesure la plus spectaculaire, crée un "nouveau franc" égal à cent anciens francs. Les résultats bénéfiques se font sentir dès 1962 (croissance accrue, balance commerciale excédentaire…).

L'école obligatoire jusqu'à 16 ans (6 janvier 1959)

Le 6 janvier 1959, une ordonnance prolonge la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans. Elle est toujours en vigueur.

Autodétermination des Algériens (16 septembre 1959)

Le 16 septembre 1959, dans une déclaration télévisée, le général de Gaulle évoque pour la première fois le «droit des Algériens à l'autodétermination». C'est un pas décisif vers la résolution du drame algérien. Porté au pouvoir par la coalition de ses fidèles et des partisans de l'Algérie française, le Général prend ceux-ci à contrepied…

Encadrement de l'enseignement privé (31 décembre 1959)

Le 31 décembre 1959 est promulguée la loi Debré sur l'enseignement privé. On lui doit la distinction actuelle entre établissements hors-contrat, établissements sous contrat simple (l'État rémunère les maîtres), établissements sous contrat d'association (l'État participe aussi aux dépenses de fonctionnement et les familles ont en charge les liens avec le culte), établissements privés intégrés à l'enseignement public (écoles d'entreprise).

  • Georges Pompidou (élu le 15 juin 1969)

Georges Pompidou fait ses classes comme Premier ministre du général de Gaulle de 1962 à 1968. Il surmonte avec brio et sang-froid la bourrasque de mai 1968. Quelque peu jaloux de ce succès, le président de Gaulle lui demande sa démission le 10 juillet 1968.

Georges Pompidou est élu sans trop de mal à la succession du général. Fils d'instituteur, normalien d'une immense culture, c'est à ce jour le seul président de la Ve République issu d'un milieu populaire.

Le nouveau président se fait le chantre de la modernisation industrielle de la France avec de premiers investissements dans le programme ferroviaire à grande vitesse (TGV), la modernisation du téléphone et la construction d'autoroutes. Il suscite aussi le complexe qui porte son nom, le Centre Pompidou (inauguré en 1977). C'est le premier d'une longue série de grands travaux de prestige qui se terminera sous le mandat de Jacques Chirac avec le musée du quai Branly.

Mais de cette présidence, très dynamique et portée par la prospérité économique, il ne reste aucune mesure mémorable. Pompidou meurt de maladie le 2 avril 1974, à 62 ans. Quelques mois plus tôt, avec la guerre du Kippour (octobre 1973), le monde et la France sont entrés dans une longue crise endémique.

  • Valéry Giscard d'Estaing (élu le 19 mai 1974)

Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing est élu de justesse à la présidence de la République face à François Mitterrand. VGE (48 ans) se donne un Premier ministre de 42 ans… Jacques Chirac.

Le gouvernement innove avec un ministère de la Condition féminine… et même un ministère des Réformes dont le titulaire, Jean-Jacques Servan-Schreiber, sera congédié au bout de quelques jours pour avoir manifesté contre les essais nucléaires!

Arrêt de l'immigration (3 juillet 1974)

Le 3 juillet 1974, désireux de lutter contre la montée du chômage, le gouvernement croit utile de suspendre l'entrée de travailleurs étrangers; cette politique de «préférence nationale» dans l'emploi sera plus tard complétée par un encouragement à l'immigration familiale.

Majorité à 18 ans (5 juillet 1974)

Le 5 juillet 1974, la majorité civique, qui était fixée à 21 ans depuis 1848, est abaissée à 18 ans (en ouvrant le droit de vote à 2,5 millions de jeunes majoritairement portés à gauche, le président signe sa défaite sept ans plus tard).

Fin du monopole audiovisuel (7 août 1974)

Le 7 août 1974 est voté le démantèlement de l'ORTF (monopole public de la radio et de la télévision), qui donne naissance à sept chaînes concurrentes; c'est un premier pas vers l'indépendance des médias audiovisuels.

Indemnisation des chômeurs à 90% (14 octobre 1974)

À partir du 14 octobre 1974, les chômeurs licenciés économiques sont indemnisés sur la base de 90% de leur dernier salaire pendant un an (cette mesure trop généreuse va s'avérer inadaptée à la crise économique mondiale qui vient d'éclater et sera rapidement abrogée).

Saisine du Conseil constitutionnel (21 octobre 1974)

Le 21 octobre 1974 est ouverte la possibilité pour 60 députés ou 60 sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel (cette révision de la Constitution va se révéler à l'usage d'une grande importance).

Gratuité de la contraception (26 octobre 1974)

Le 26 octobre 1974, la loi Neuwirth de 1967, qui autorisait la contraception féminine (la pilule), est complétée par une nouvelle loi qui prévoit le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale.

Légalisation de l'avortement (28 novembre 1974)

Le 28 novembre 1974, est votée la loi Veil, au terme d'un débat parlementaire houleux et avec le concours des députés de gauche. Cette loi est promulguée le 17 janvier 1975. Elle légalise l'avortement pendant une période d'observation de cinq ans.

À noter aussi les mois et les années suivantes: l'introduction du divorce par consentement mutuel, l'instauration du collège unique dans le but de favoriser un égal accès de tous les enfants à l'enseignement, la généralisation de la mixité dans les écoles, l'abolition de la censure, l'extension de la Sécurité sociale aux non-salariés (une mesure capitale pour les commerçants et les artisans), l'élection du maire de Paris au suffrage universel…

  • François Mitterrand (élu le 10 mai 1981)

Vieux routier de la politique, François Mitterrand (64 ans) devient le premier président socialiste de la Ve République. Sa présidence s'ouvre dans la liesse, sur une fête semi-improvisée à la Bastille le soir du 10 mai et une cérémonie au Panthéon où le président rend hommage à trois figures nationales: Victor Schoelcher, Jean Jaurès et Jean Moulin.

Porté par un "état de grâce", selon ses propres termes, François Mitterrand engage les réformes à la volée, sur la base de ses "110 propositions" de campagne. Son gouvernement, dirigé par Pierre Mauroy, rompt avec la politique de rigueur antérieure et renoue avec la politique volontariste de Jacques Chirac (1974-1976).

Relevons parmi les mesures "anecdotiques":

  • augmentation de 20 ou 25% des allocations handicapés, familiales (+25%) et logement (1er juillet 1981),

  • suppression de la Cour de sûreté de l'État (4 août 1981),

  • autorisation des radios locales sans publicité (2 octobre 1981),

  • blocage des prix pendant six mois (8 octobre 1981),

  • abrogation de la loi «anticasseurs» (15 décembre 1981),

  • Abolition de la peine de mort (9 octobre 1981).

Le 9 octobre 1981 est abolie la peine de mort, à l'initiative du garde des Sceaux Robert Badinter. Cette décision met la France au diapason de l'Europe.

Le 26 novembre 1981, Jacques Delors, ministre des Finances, alarmé par le dérapage de l'économie, demande une pause dans les réformes mais celles-ci ne s'en poursuivent pas moins l'année suivante:

Impôt sur les grandes fortunes (30 décembre 1981)

Le 30 décembre 1981 est créé l'impôt sur les grandes fortunes, plus tard rebaptisé Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

39 heures et 5e semaine de congés payés (14 janvier 1982)

Le 14 janvier 1982, sont publiées deux ordonnances sur la limitation à 39 heures (payées 40) de la semaine de travail et l'introduction d'une cinquième semaine de congés payés.

Nationalisations des grandes entreprises (13 février 1982)

Le 13 février 1982, la loi sur les nationalisations fait passer dans le giron de l'État un grand nombre de grandes entreprises; la plupart des entreprises concernées, exsangues, profiteront de la nationalisation pour se remettre à flot avant d'être plus tard privatisées.

Décentralisation administrative (3 mars 1982)

Le 3 mars 1982, la loi sur la décentralisation promulguée par Gaston Deferre, ministre de l'Intérieur, donne davantage d'autonomie aux communes, aux départements et surtout aux régions, en rendant aux présidents des conseils généraux et régionaux le pouvoir exécutif jusque-là exercé par les préfets de département et de région.

Retraite à 60 ans (25 mars 1982)

Le 25 mars 1982, une ordonnance abaisse de 65 à 60 ans l'âge légal de départ à la retraite.

En matière internationale, après un discours tiers-mondiste au sommet de Cancun, au Mexique, François Mitterrand s'engage résolument aux côtés des Américains dans le conflit qui les oppose à l'URSS.

Affaiblie par une augmentation brutale des dépenses publiques de 25%, l'économie montre très vite des signes de faiblesse. Le 11 juin 1982 survient un premier plan de rigueur. L'état de grâce appartient au passé… Les socialistes sont défaits aux élections municipales de mars 1983.

  • Jacques Chirac (élu le 7 mai 1995)

Énarque d'origine corrézienne, brillant, dynamique et séduisant, Jacques Chirac s'est fait connaître comme ministre de l'agriculture sous la présidence de Georges Pompidou et a révélé à ce poste un talent exceptionnel pour séduire sa clientèle d'agriculteurs par de fortes paroles et des cadeaux électoraux. Il ne se départira plus jamais de ce talent.

Il accède à la présidence de la République à sa troisième tentative (comme son prédécesseur, François Mitterrand). Il nomme son fidèle Alain Juppé à la tête du gouvernement et exclut de celui-ci tous les partisans d'Édouard Balladur, son ex-ami devenu son rival.

Engagement en Bosnie (3 juin 1995)

Dès le début de son mandat, Jacques Chirac prend fait et cause pour les Bosniaques en butte à une agression brutale de l'armée serbe. Il rompt, ce faisant, avec la mansuétude de son prédécesseur à l'égard du président serbe Milosevic. Le 3 juin 1995, le président français propose la création d'une Force de réaction rapide. Celle-ci est créée par l'ONU le 15 juin 1998 et intervient dès juillet en Bosnie contre les Serbes. Cet engagement des Occidentaux à l'initiative du président français marque un tournant dans la guerre de Bosnie.

Reprise des essais nucléaires (13 juin 1995)

Le 13 juin 1995, le président marque son territoire en ordonnant la reprise des essais nucléaires, suspendus depuis avril 1992. Ils reprendront effectivement du 5 septembre 1995 au 27 janvier 1996, au prix d'un tollé en Océanie et chez les écologistes.

L'Etat français face au génocide (16 juillet 1995)

Le 16 juillet 1995, à l'occasion du 53e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, le président Jacques Chirac déclare: "La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux."

Fin du service militaire obligatoire (22 février 1996)

Jacques Chirac prend l'opinion de court en décidant le 22 février 1996 de supprimer le service militaire obligatoire, une institution vieille de deux siècles, et de professionnaliser les armées.

Le tournant de la présidence survient le 26 octobre 1995. Ce jour-là, Jacques Chirac renie brutalement son discours de campagne électorale sur la «fracture sociale» et annonce une politique de rigueur. Sa justification: tenir les engagements français en matière monétaire en vue de la création de l'euro. Le Premier ministre Alain Juppé tente dans le même temps d'engager une réforme radicale du système de retraites. Il est applaudi par les parlementaires mais doit finalement renoncer devant la fronde des cheminots.

Conclusion: une capacité réformatrice qui s'épuise vite

L'expérience montre que la capacité réformatrice des présidents de la Ve République s'épuise très vite après la première année. Les années suivantes sont, au mieux, dans la prolongation de la première (de Gaulle), au pire se réduisent à un blocage ou à un retour en arrière (Giscard en 1978, Mitterrand en 1983 et 1993, Chirac en 1997 et 2003).

Le système présidentiel à la française ne permet pas de renvoyer le chef de l'exécutif (le président de la République) devant les électeurs avant la fin de son mandat. C'est sa faiblesse par rapport au système parlementaire britannique qui peut démettre le chef de l'exécutif (en l'occurrence le Premier ministre) dès lors qu'il est usé ou n'apparaît plus compétent ou en phase avec les besoin du moment.

dimanche, 20 avril 2008

lu ce soir sur le site de RUE 89

Sarkozy, le gâcheur

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Les économies budgétaires sont une contrainte absolue. Mais pourquoi chaque mesure proposée suscite-t-elle des réactions systématiquement hostiles, des retours en arrière, des "couacs" gouvernementaux? Le responsable de ces ratés, c’est Nicolas Sarkozy, qui a gâché les chances de la France de redresser son Budget.

Aucun économiste sérieux ne peut contester les objectifs budgétaires fixés par Nicolas Sarkozy, notamment dans son discours récent de Béziers. Quoiqu’en disent certains opposants systématiques, la dette publique est un fardeau que l’on ne peut laisser croître. Que d’autres pays soient plus endettés que nous (Belgique, Italie, Japon) ne saurait constituer une raison valable pour rester inertes. Accumuler, depuis trente ans, les déficits budgétaires, qui ont été à l’origine de cette dette, n’est pas plus responsable et doit cesser. Pour ce faire il n’y a qu’une alternative: réduire les dépenses de l’Etat ou augmenter les impôts. Les deux solution peuvent être cumulées.

Avec 71 fonctionnaires, toutes catégories confondues, pour mille habitants, la France se situe parmi les pays les plus fonctionnarisés (Allemagne, Espagne, Italie en ont 45-50 pour mille). Avec 39 fonctionnaires centraux pour 1000 habitants, elle est en tête de tous les pays de l’OCDE. Il est donc légitime de poser le problème du nombre de fonctionnaires et d’en envisager la réduction.

Leur proposer des "voies de sorties" vers d’autres activités, ou de leur affecter une part des économies réalisées, sous forme de hausse de salaires, est donc pertinent. Constater que le nombre d’élèves du secondaire diminue globalement et que, donc, des postes d’enseignants peuvent y être supprimés, n’est pas non plus illégitime. Ensuite peuvent venir les autres débats droite/gauche classique sur l’assurance maladie, les retraites, les allocations familiales.

Mais les économies budgétaires sont une contrainte absolue. Alors pourquoi chaque mesure proposée dans ce sens suscite-t-elle des réactions systématiquement hostiles, des retours en arrière, des "couacs" gouvernementaux à répétition? On ne peut, comme l’affirment certains députés, évoquer seulement un défaut d’explications. Celles-ci ont été données. Le responsable de ces ratés, c’est Nicolas Sarkozy lui-même. Il a pour l’instant gravement gâché les chances de la France de redresser son Budget, par des erreurs économiques, politiques et symboliques.

Le gaspillage de milliards d'euros, l'erreur économique

L’erreur économique, c’est évidemment le gaspillage -car il n’y pas d’autre mot- en juillet, de 10 milliards d'euros pour 2008 et de 15 milliards en année pleine, pour des objectifs illégitimes ou absurdes. Illégitime d’abaisser encore des droits de succession qui étaient déjà très bas dans notre pays. La mesure, présentée comme bénéficiant aux revenus moyens, ceux qui, précisément, déjà, payent peu de droits, ne bénéficie en fait qu’aux revenus élevés. Instituer le bouclier fiscal aussi.

Enfin, la détaxation des heures supplémentaires, en pleine période de ralentissement économique va coûter plus cher qu’elle ne rapportera, comme l’a démontré le président de la commission des Finances. Elle crée un effet d’aubaine, dans les entreprises ou les salariés effectuent déjà des heures supplémentaires, mais n’en suscitent aucune. Elle porte clairement la marque de gens qui ne connaissent rien à l’entreprise. Ajoutons à cela que le gouvernement avec plus de 45 ministres (Espagne 16) ne donne vraiment pas l’exemple des économies, sans parler de diverses autres dépenses fastueuses.

Un président proche des riches et des Américains, la double erreur politique

Erreur politique de politique intérieure et extérieure ensuite! A l’intérieur, c’est le versant politique de l’erreur économique. Le "ba-ba" d’une bonne politique consistait, à faire "passer" la pilule amère des économies par des objectifs de réduction des inégalités.

En vingt ans la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises a baissé de 9%; les 10% les plus riches possèdent 46% de fortune nationale; les 50% les plus pauvres, moins de 7%. Or le Président est apparu, au contraire, comme plus proche que jamais des plus riches, s’efforçant de partager le plus possible leur mode de vie.

Quant à la politique internationale, que Nicolas Sarkozy le veuille ou non, les français sont, vis-à-vis des Etats-Unis, plutôt souverainistes. Ils avaient massivement adhéré à la posture de Jacques Chirac en 2003, quand les Américains avaient envahi l’Irak. On dit souvent qu’ils se désintéressent des questions internationales, et l’on trouvera moult sondages où ils mettent le pouvoir d‘achat et l’emploi largement devant. Mais, quand même, le virage pro-américain affiché par le nouveau Président n’a pas été fait pour lui rallier les populations. Il est vrai que nos officiers supérieurs aiment travailler dans l’Otan (position normale de techniciens; De Gaulle disait d’ailleurs drôlement que leurs femmes aimaient l’Otan pour les soirées où elles pouvaient exhiber leurs robes!) Mais la politique extérieure de la France ne se fait pas au QG des troupes au sol ou à la passerelle des porte-avions.

Désacraliser la fonction pour faire post-moderne, l'erreur symbolique

Erreur symbolique, enfin! Si Nicolas Sarkozy a annoncé la mort de mai 1968, il en est le parfait produit. A la modernité qui faisait marcher la France auparavant, a succédé la post-modernité, faite de refus de l’autorité et du projet, de l’individualisme, et du rejet du collectif imposé, au profit du "tout à l’égo". Trop de gens se sont extasiés devant l’affichage de cette liberté dans la vie privée du Président; trop de journalistes ont rejeté comme ringard, l’importance de la symbolique du pouvoir, l’importance de ne pas mélanger les deux "corps du roi". Malheureusement, les Français ne sont pas vraiment post-modernes. Pour rester dans ce paradigme, et emprunter la terminologie du sociologue, Gilles Lipovetsky, ils sont plutôt hyper-modernes, contents de leurs libertés, heureux de consommer, mais très craintifs devant l’avenir. Ils avaient donc besoin d’un "guide" qui garde un rien de sacralité. Non seulement les premiers mois de Nicolas Sarkozy ont été en sens contraire, mais, ensuite, alerté par les sondages, fondement de la post-modernité en politique, il a laissé annoncer qu’il allait "faire président". Ce qui pousse d’évidence Martin ou Durant à lui demander ce qu’il "faisait" jusqu’à présent!

Pour ces trois raisons, et sans doute quelques autres, ce président qui voulait tout faire a plutôt gâché sa présidence et les chances d’entreprendre en France les indispensables réformes financières.

samedi, 15 mars 2008

lu sur le site du Monde ce soir

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cantonales

  

mesurent

  

mieux

  

le rapport

  

droite-gauche

mardi, 19 février 2008

lu ce soir (encore) sur le site de RUE 89

 

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Neuilly

Par Rue89    23H03    18/02/2008

Martinon 40%, Fromantin 45%. Le sondage BVA publié samedi 9 février par Le Figaro rompt la quiétude neuilléenne. Le porte-parole de l'Elysée est donné perdant aux municipales dans le fief de Nicolas Sarkozy. Quarante-huit heures d'annonces et contre-annonces plus tard, David Martinon jette l'éponge.

En coulisse, l'issue était pourtant pressentie depuis plusieurs jours. A l'Elysée, où toutes les ficelles sont tirées dès qu'il s'agit de Neuilly, l'offensive contre l'ami intime de Cécilia Sarkozy était connue de tous les conseillers.

Depuis que Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy, maître ès sondages, a déboulé en début de semaine dans le bureau de David Martinon pour lui expliquer que son sort était scellé, la fameuse enquête BVA à la main.

 

L'étude donne le résultat inverse

Le porte-parole de l'Elysée encaisse le choc dans un premier temps. Mais pousse un coup de gueule plus tard dans la semaine, lorsque le même Patrick Buisson lui fait part d'un autre sondage confidentiel réalisé au même moment, cette fois par OpinionWay. L'étude donne le résultat inverse: David Martinon est en tête avec 45% des intentions de vote. Un score qui n'est pas éblouissant pour le porte-parole de Nicolas Sarkozy, mais moins déshonorant.

Celui qui est encore à cet instant le candidat officiel de l'UMP demande à Patrick Buisson de rendre publics les deux sondages. Le conseiller refuse. Le porte-parole voit rouge. D'autant que le samedi suivant, les médias font bien état d'un sondage, mais seulement de celui effectué par BVA.

David Martinon tente de retarder l'échéance le plus longtemps possible, mais il sait que son retrait de la course à la mairie de Neuilly devient inéluctable. Ses trois principaux collaborateurs, Arnaud Teullé, Marie-Cécile Ménard et un certain Jean Sarkozy, le lâchent devant les caméras. Dans son bureau, le Président lui souffle dans les bronches. Lundi 11, une semaine après le début des manoeuvres, David Martinon annonce que s'en est fini pour lui de Neuilly.

 

L'Elysée à la manoeuvre

Le porte-parole sait qui a donné les coups. Il les a vus venir, il n'a pas su les éviter. Arnaud Teullé, également conseiller de l'Elysée, d'abord. C'est le "traître", comme une partie de l'UMP le surnomme désormais, qui a commandé le sondage BVA, aux dires de Claude Guéant, le secrétaire général du Palais. Patrick Buisson ensuite, qui a refusé que soit publiée en même temps l'étude OpinionWay.

Mais à l'UMP comme à l'Elysée, on se refuse à accréditer la thèse de la cabale contre David Martinon: "L'enquête BVA n'était que la constatation de la dégradation galopante de Martinon, ce n'est pas ce qui l'a déclenchée." Un directeur d'institut de sondages, qui a vu passer plusieurs études sur Neuilly, précise toutefois à Rue89: "Rien ne laissait penser qu'il était condamné d'avance."

Le sondage OpinionWay n'est en effet pas la première enquête d'opinion positive pour David Martinon à être passée sous silence. Il y a un mois, Jean-Christophe Fromantin, le candidat divers droite à Neuilly qui a hérité depuis du soutien officiel de l'UMP, commandait un sondage auprès du même institut: le porte-parole de l'Elysée comptait 16 points d'avance, à 56% d'intentions de vote.

"Il va falloir clarifier les choses"

Mais rien dans les médias, à part un "Indiscret" dans le Journal du Dimanche du 20 janvier sur les déboires de "la tête de liste UMP à Neuilly":

"David Martinon ne parvient pas à décoller. On parle même de mouvement d'humeur au sein de la bourgeoisie neuilléenne..."

Une autre enquête a aussi circulé dans les bureaux de l'Elysée. Et à pareillement été mise sous le boisseau. Elle a été effectuée quinze jours avant les deux sondages concomitants par l'association Médiation et Citoyenneté. Réalisée sur un échantillon représentatif de 700 Neuilléens, elle visait à inciter les habitants à aller voter. Habitants qui étaient également invités à indiquer pour quel candidat ils se déclaraient. 48% d'entre eux se prononçaient pour David Martinon.

Mais les études plus favorables (ou moins défavorables) au porte-parole de l'Elysée ne seront jamais rendues publiques. Il a désormais "la firme" contre lui. "La firme", ces bannis de l'ère Cécilia Sarkozy qui opèrent aujourd'hui un retour en force. Elle devrait faire peu de cas de David Martinon. Un autre acteur de la tragicomédie neuilléenne s'en cache à peine: "Il va falloir clarifier les choses."

Guillemette Faure et Julien Martin

vendredi, 15 février 2008

lu ce soir sur le site de RUE 89

 

42eb44a8dde186c55a92f5e0fc1ae4f5.jpg Shoah: l'idée de Sarkozy est "insoutenable" pour Veil

Par Pierre Haski (Rue89)    17H12    15/02/2008

Déportée à 16 ans, cette proche du Président a des mots très durs contre "l'adoption" de jeunes victimes par des écoliers.

De toutes les réactions hostiles, négatives ou simplement réticentes à la proposition de Nicolas Sarkozy concernant les enfants et la Shoah, il en est une, remarquable par sa violence, qui sort du rang: celle de Simone Veil, ancienne déportée à l'âge de 16 ans, proche du Président et qui était assise à sa droite au dîner du Crif mardi soir.

Elle a jugé que la proposition de Nicolas Sarkozy était "inimaginable, dramatique, injuste".

Sur L'Express.fr, l'ancienne ministre, dont le ralliement à Nicolas Sarkozy avait été un des temps forts de la campagne présidentielle, raconte que son sang "s'est glacé" en entendant le président de la République proposer que chaque élève de CM2 en France adopte un enfant victime de la Shoah.

"C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger cela à des petits de 10 ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école."

L'ancienne ministre redoute également que cette idée puisse attiser les antagonismes religieux en France:

"Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif?"

Cette réaction remarquable s'ajoute au concert de protestations qui a accompagné dans tous les milieux cette proposition surprise de Nicolas Sarkozy. Seules quelques voix se sont exprimées en faveur de la proposition présidentielle, parmi lesquelles celle de François Hollande, le premier secrétaire du PS, et celle de Marek Halter, qui l'a qualifiée d'"initiative formidable".

La sortie de Simone Veil permet, surtout, de s'interroger, une nouvelle fois, sur la manière de procéder du chef de l'Etat: comment a-t-il pu lancer une telle idée sans consulter cette femme dont l'histoire personnelle et le positionnement politique en font l'interlocuteur idéal avant de lâcher en pâture à l'opinion une bombe pareille? Sauf à considérer que les idées de ses conseillers de l'Elysée sont au-dessus de toute contestation.

Quoi qu'il en soit, le jugement sans appel de Simone Veil risque fort de peser suffisamment lourd pour condamner cette initiative présidentielle à finir dans la poubelle, déjà passablement remplie, des fausses bonnes idées de Nicolas Sarkozy

 

 

 

 

 

 

lundi, 24 décembre 2007

lu maintenant sur le site de RUE 89

 

Bruni, Sarkozy et la confusion des deux "corps du roi"

Par Jean Matouk (Economiste)    10H43    24/12/2007

Au-delà du rire, la honte! Un sentiment que d’aucuns jugeront ringard, mais ma première réaction à la nouvelle de la liaison de Nicolas Sarkozy et du top model Carla Bruni a été la honte. La honte aujourd’hui d’être un citoyen français représenté à l’étranger par Nicolas Sarkozy.

M’est revenue tout de suite à l’esprit la distinction de l’historien Kantorowivz entre les deux "corps du roi"; le corps sacerdotal, celui par lequel il incarne la collectivité, et le corps réel, celui qui mange, boit , aime. La distinction s’applique évidemment aussi aux présidents et chefs de gouvernement et, plus encore, à Nicolas Sarkozy, qui prétend renforcer les pouvoirs présidentiels.

Comme le souligne Régis Debray dans sa récente "Obscénité démocratique", il faut au sommet de l’Etat, au Prince, un certain apparat, une certaine solennité, le respect de certains rites. Même s’il n’est plus -et c’est heureux- de droit divin, il participe du "bouclage" de la société au-dessus d’elle-même, sans lequel elle se délite; c’est le rôle du "corps sacerdotal" du roi. Bernard Henri-Levy le remarquait récemment: tous les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy maintenaient une distinction claire entre le premier et le second "corps", pour que la majesté du premier ne soit pas atteinte par les éventuels écarts, en tous cas, le caractère commun du second.

Des bruits multiples ont couru sur les écarts de Jacques Chirac et de Valery Giscard d’Estaing. La France a appris à la fin du second septennat la double vie de François Mitterrand et sa fille cachée. Mais ils savaient, les uns et les autres, maintenir la distance qu’il faut entre leur vie privée et leur rôle symbolique.

Avec l’actuel président , les deux "corps du roi" deviennent indistincts. Le peuple participe au corps réel. Il vit, en direct, les querelles de ménage et les séparations. Le voici maintenant qui vit, tout aussi en direct, le "collage" du Prince avec une nouvelle compagne. A quand le coït en direct?

Si, encore, ce collage avait été vraiment révélé par une indiscrétion de journaliste, une photo "volée" à l’une des entrées secondaires de l’Elysée, dans un autre palais de la République ou dans un hôtel. Mais c’est à Disneyland que le Président a clairement organisé la révélation, à côté de Mickey, Minie et Popeye, qui n’ont rien de vulgaire en eux-mêmes, mais qui, n’ayant rien à voir avec les frasques présidentielles, contribuent , malgré eux, à ridiculiser un peu plus le corps sacerdotal.

D’aucuns affirment qu’il fallait faire oublier les honneurs assez scandaleusement accordés à Khadafi et les pitreries bédouines de ce dernier, par un autre évènement médiatique. Raté! Les deux évènements médiatiques se renforcent et se complètent dans l’atteinte portée à la majesté de la République. Décidément, aujourd’hui, je préfèrerais être espagnol, allemand, anglais, et même américain, que français.

jeudi, 06 décembre 2007

lu ce soir sur le site de RUE 89

Nicolas Sarkozy est-il vraiment "le président du pouvoir d'achat"?

Sarkozy et le pouvoir d'achat, acte II. Après l'adoption du "paquet fiscal" cet été, le chef de l'Etat vient d'annoncer un cocktail de mesures destinées à relancer la consommation. Il avait promis d'être "le président de l'augmentation du pouvoir d'achat" pendant la campagne présidentielle. Promesse tenue? (voir vidéo)


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Affirmant ne pas être le "Père Noël", Nicolas Sarkozy a d'emblée annoncé la couleur jeudi, pour sa première intervention télévisée depuis le 20 septembre: les Français "savent parfaitement bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses. (...) La seule façon de répondre à cette question, c'est de permettre aux gens de travailler plus et de gagner plus."

Fidèle à son maître slogan, il a dû cependant concocter une série de propositions innovantes pour répondre à la grogne sociale de ces dernières semaines. Au premier rang desquelles, un nouvel assouplissement des 35 heures, avec la généralisation du rachat des RTT.

Deux autres annonces phare du Président vont également être intégrées à un projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres dès le 12 décembre: le déblocage de la participation et la possibilité pour les entreprises de moins de 50 salariés d'accorder une prime de 1 000 euros exonérée de cotisations sociales à leurs employés.

"C'est une bonne nouvelle qu'on se mette au travail"

Nicolas Sarkozy veut aller vite. Et même plus vite que vite. Le texte passera devant le Parlement selon la procédure d'urgence (une seule lecture devant chaque chambre). Il ne devrait pas pouvoir être adopté avant la mi-janvier, mais la loi aura un effet rétroactif, pour pouvoir s'appliquer dès le premier jour de l'année 2008.

Des idées jugées efficaces par une majorité de Français. Selon un sondage LH2 pour Libération, publié mardi, 59% des personnes interrogées à se disent favorables à la suppression des 35 heures en cas d'accord majoritaire dans les entreprises, et 56% sont prêtes à accepter la transformation en salaire de leurs jours de RTT.

Estampillé "Monsieur pouvoir d'achat" de l'UMP, le député Frédéric Lefebvre se réjouit de cette tendance sondagière:

"C'est plutôt une bonne nouvelle pour les Français que le président de la République, le gouvernement, la majorité et, j'espère sur un certain nombre de points, les socialistes, se mettent au travail pour répondre rapidement aux attentes des Français sur ces questions."

Les socialistes, justement, souvent tancés pour un manque d'activité, ont grillé la politesse au chef de l'Etat en diffusant deux jours avant dix propositions. Au programme, une augmentation nette des salaires, la baisse des prix dans la grande distribution par la suppression des marges entre fournisseurs et distributeurs, ou encore le rétablissement de la TIPP flottante.

"Sens de la communication" et "mesures hypothétiques"

Mise à part l'indexation des loyers sur l'inflation et non plus sur l'indice des prix à la construction, le gouvernement n'a repris aucune de ces propositions. Ce qui fait dire au président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, que Nicolas Sarkozy joue encore de son "sens de la communication" pour annoncer des "mesures hypothétiques".

Comme le député Verts Yves Cochet, il souligne que certaines catégories de la population sont oubliées: jeunes, salariés à temps partiels ou retraités.

Des voix discordantes se font également entendre au sein de la majorité. S'il approuve certaines mesures, Georges Tron, chef de file des députés villepinistes, estime que d'autres sont "difficilement compréhensibles":

"Un milliard et demi d'euros pour racheter les heures supplémentaires et monétiser les comptes épargne temps, c'est le montant d'un point d'indice, qu'on refuse aux fonctionnaires par ailleurs. Comment expliquer d'un côté qu'on ne le donne pas sur le point d'indice, mais qu'on va le donner sur les CET et les RTT?"

Le PS ne manquera pas en tout cas de souligner les carences éventuelles des annonces présidentielles, comme il l'a fait la semaine dernière avec le paquet fiscal. Michel Sapin, secrétaire national du parti à l'économie et à la fiscalité, n'a pas hésité à affirmer qu'il n'avait simplement "eu aucun effet sur le pouvoir d'achat."

dimanche, 02 décembre 2007

lu sur le site du Monde ce matin

Sarkozy passe-t-il moins bien à la télé ?

LE MONDE | 01.12.07 |

Commence-t-il à lasser ? Le président de la République fait toujours un tabac d'audience (19 millions de personnes l'ont vu à la télévision jeudi 29 novembre), mais les téléspectateurs choisis par l'institut Médiascopie se sont montrés moins enthousiastes que les fois précédentes.

 

Equipés d'un "Médiascope" leur permettant d'indiquer à tout moment leur degré d'adhésion au propos du président (0 pour pas du tout d'accord, 10 pour tout à fait d'accord), la centaine de téléspectateurs, moitié de droite et moitié de gauche, ont très rarement poussé le curseur vers les valeurs extrêmes. Sauf lorsque le président a fait le constat "d'un vrai problème du coût de la vie" (entre 7 et 8, à droite comme à gauche) et de la "nécessité d'une grande discussion avec la distribution" (8,5 à droite, 7 à gauche).



Seules les mesures de pouvoir d'achat ont suscité l'adhésion générale, comme la diminution des cautions locatives (7 à gauche, 8 à droite) ou la hausse de la rémunération des heures supplémentaires dans la fonction publique (6 à gauche, 8 à droite).

Autre enseignement de l'expérience menée jeudi soir : à gauche, Nicolas Sarkozy ne fait plus recette. Pendant plusieurs mois, la confortable élection du président et l'ouverture à gauche avaient semé le trouble et la curiosité dans cet électorat. "Jusqu'à présent, face aux propos toujours très concrets et de bon sens de Nicolas Sarkozy, l'électorat de gauche se laissait séduire en direct, décrypte Denis Muzet, président de l'institut Médiascopie. Dans cette période de post-conflit social, on sent que l'électorat de gauche est davantage sur ses gardes, il manifeste moins d'empathie, moins de soutien." Mais pas encore de véritable rejet.

 

DES SUJETS CLIVANTS

 

On a assisté ainsi à un décrochage entre les électeurs de droite et de gauche chaque fois que le président a illustré sa promesse du "travailler plus pour gagner plus" : le panel de gauche, qui croyait en partie à cette promesse sarkozyste, fait désormais la moue quand il entend le président évoquer la possibilité de déroger aux 35 heures par des accords d'entreprise, ou évoquer le travail le dimanche.

En outre, certains sujets clivants ont refait leur apparition. Les électeurs de gauche ont manifesté leur désaccord lorsque le président a défendu son "paquet fiscal" (4,4 d'adhésion) ou a rendu responsable les 35 heures de la baisse de pouvoir d'achat des Français (4,5). Les électeurs de gauche ont manifesté leur hostilité lorsque le président a estimé "qu'on ne faisait pas grève quand on est étudiant" (moins de 4 à gauche).

A l'inverse, l'électorat de droite apprécie le retour du président aux "fondamentaux". Il applaudit lorsque M. Sarkozy assène qu'"une minorité ne doit pas bloquer une majorité" (8) ou que bloquer, "ça veut dire qu'on n'est pas sûr de ses idées" (9). Menée en parallèle ces jours-ci, une étude qualitative du même institut fait ressortir une "institutionnalisation" de l'image de M. Sarkozy, notamment après le conflit social qui, dans l'opinion, a fait "mûrir" son image et l'a installé en "sage", selon M. Muzet. Nicolas Sarkozy est-il menacé de "chiraquisation" ?

Christophe Jakubyszyn
Article paru dans l'édition du 02.12.07.

jeudi, 27 septembre 2007

lu sur le site du Monde ce soir

 

"Choc" décide de ne pas publier une photo de Nicolas Sarkozy

 

Le magazine Choc (édité par la Société de conception de presse et d'édition, SCPE, groupe Lagardère) a décidé de ne pas publier un article comportant une photo de Nicolas Sarkozy, prise par l'AFP, sortant du conseil des ministres du 12 septembre avec un courrier manuscrit sous le bras. Agrandi par la rédaction de Choc, ce courrier, écrit par une femme selon le bimensuel, comportait un mot doux : "J'ai l'impression de ne pas t'avoir vu depuis une éternité et tu me manques. Jeudi on part faire notre virée à Essaouira pour mon [illisible]. Mais j'aimerais bien réussir à te voir la semaine ou le week-end suivant. Millions de Besitos." De quoi alimenter des rumeurs... 

 


Est-ce une censure ? "Absolument pas", répond Christophe d'Antonio, rédacteur en chef de Choc. "Nous avions récupéré la photo. N'ayant pas trouvé l'auteure de ce mot, nous avons décidé de ne pas publier l'article et la photo. Je n'avais d'ailleurs pas validé le texte accompagnant la photo", explique-t-il. PRÉCÉDENTS DANS LE GROUPE LAGARDÈRE

"La décision a été prise avec Marie-Laurence Vieillard, directrice de la rédaction, et Gérard Ponson, directeur, mais en aucun cas avec l'actionnaire qui ne découvre Choc qu'une fois sorti dans les kiosques", ajoute-t-il. "Nous savions le samedi matin que ça ne serait pas dans le journal qui partait à l'imprimerie le samedi soir", poursuit-il. "Cette photo nous a amusés car on se disait : Nicolas Sarkozy lit le courrier de sa maîtresse pendant le conseil des ministres", poursuit Christophe d'Antonio.

Le site Bakchich, qui a révélé l'information mercredi 26 septembre, écrit, malgré les dénégations de Choc : "Bakchich maintient l'intégralité de ce qui a été écrit, à savoir que l'article prévu a été zappé au dernier moment du chemin de fer du journal destiné à l'imprimerie."

Le doute s'explique par les précédents qu'a connus le groupe Lagardère. En mai, la non-publication par Le Journal du dimanche d'un article sur le fait que Cécila Sarkozy n'ait pas voté au second tour de l'élection présidentielle a suscité des interrogations. Dans Paris Match, la disparition des bourrelets présidentiels a également posé question. Il y a plus d'un an, Alain Genestar a été évincé de la direction de Paris Match pour avoir publié une photo à la "une" de Cécilia Sarkozy aux côtés du publicitaire Richard Attias. Les sociétés de journalistes des rédactions des journaux du groupe Lagardère se sont dit vigilantes face à ces intrusions.

Il y aurait eu une tentative de retirer la photo de la circulation à l'AFP. Des accusations démenties par la directrice du service photo, Marielle Eudes, qui affirme qu'"il n'a jamais été question de retirer la photo". "Pour moi, c'est une photo ordinaire de sortie de conseil des ministres, affirme-t-elle, il n'y a eu ni pression, ni autocensure."

Pascale Santi