dimanche, 09 septembre 2007

LES DIABLES ROUGES

 

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vos parents faisaient quoi

mon père quand il est arrivé à bordeaux a travaillé dans une fonderie en Espagne il tissait des bas de soie et ici mouleur c’était une autre paire de manches il a travaillé 30 ans dans la fonderie rue Achard ma mère par contre quand je suis née et après il y a eu mon frère après bon elle a travaillé un peu cours du Médoc moi j’allais à l’école rue Dupaty j’ai eu une enfance normale enfin c’est vrai qu’il y a eu le début oui parce que pour les réfugiés espagnols c’était pas toujours facile nous aussi on a eu droit à sale race

les petits français

oui oui on nous le disait malgré que

mais comment vous le viviez ça

à votre avis mal mal mal quand on nous traite de sale race c’est pas toujours très agréable mais bon une fois que nos parents se sont fait connaître on avait les mêmes coutumes qu’eux n’est-ce pas ce qui a fait beaucoup de tort c’était cette image de rouge les rouges moi ma mère quand elle est arrivée dans le Doubs on la regardait parce qu’on disait que les rouges ils avaient des cornes et une queue comme le diable c’était des diables des diables ma mère on la faisait tourner pour voir si elle avait pas une queue et des cornes bon il faut se mettre dans ces mentalités 30 39 les gens n’étaient pas très évolués après aucun problème aucun problème c’est sûr qu’à la maison c’était un peu dur pour les fins de mois mais bon pour la plupart hein et puis je voulais vous dire je peux y’a quand même un paradoxe moi petite on nous nous appelait les apatrides alors que je suis née en France mes parents sont des réfugiés espagnols en fait c’est ça en France on est espagnol donc on est étranger même moi malgré ma nationalité française j’ai toujours été considérée comme espagnole et on va en Espagne et on est considéré comme français là-bas quand on arrive on nous dit voilà les français qu arrivent et ici euh on nous traite d’Espagnols ouh ça

et vous une fois que vous avez été mariés

on a vécu trois ans à Bordeaux et après Lormont en 1970 les premiers logements à Génicart sur le bord de la nationale ça fait 34 ans qu’on est là Lormont ça commençait Lormont c’était des appartements qui étaient super modernes parce que nous ce qu’on a connu autant mon mari que moi c’est euh des vieux immeubles à Bordeaux où il y avait pas d’eau courante les toilettes fallait descendre les étages un seul pour tout l’immeuble moi nous on quand j’étais petite pour l’eau il fallait aller au coin de la rue à la pompe pour chercher l’eau et quand on faisait notre toilette on la faisait à l’évier notre mère chauffait une bassine d’eau et nous baignait l’un après l’autre avec la même eau c’était comme ça à l’époque c’était vraiment euh alors quand on est arrivé dans tout ce confort on vivait dans une pièce de 4 mètres carrés où on y faisait tout et là on a eu 4 pièces la salle des bains les toilettes l’appartement chauffé plus de mazout là enfin on a pu vivre comme une personne dans ces années –là moi je pense que le début des années 70 c’était de bonnes années y’avait du travail oui oui et on était jeunes