dimanche, 16 mars 2008

lu sur http://jchichegblancbrude.blog.lemonde.fr

15 mars 2008

Que peut bien avoir à nous dire le philosophe sur l’érotisme ? Que peut-il nous apprendre, sortant de sa réserve, sur les choses de l’intime ?

C’est que l’érotisme fait apparaître une relation nouvelle, distincte des relations habituelles, de nature à intéresser le moraliste. N’y a-t-il pas en effet, du fond secret de cet échange obscur, un rapport exceptionnel qui émerge, un acte réciproque de respect, peut-être même de moralité ?

Peut-être survient-il là un événement qu’on n’attendait pas, qu’on désespérait même de trouver. Cet événement, c’est celui d’un rapport authentique à l’autre, à ce qu’est mon partenaire, mon prochain, à son être en tant qu’autre, différent, et non en tant que mien. C’est tout le paradoxe, car c’est justement dans l’amour qu’apparaît non la fusion ou confusion des êtres, mais la possibilité de leur distinction.

C’est la grande question que pose Lévinas dans ses textes consacrés à l’altérité. Existe-t-il une relation capable de nous faire entrer en contact les uns avec les autres sans que cette mise en relation abolisse notre spécificité ? C’est une vraie question. Comment, lorsque nous sommes ensemble, considérer l’autre tel qu’il est, et non tel qu’il m’apparaît du fait de mes pensées, valeurs ou humeurs du moment ? Peut-il m’apparaître sans être absorbé, filtré, déformé par mon identité ?

Oui, dans l’amour. Car alors nous agissons tout en étant soumis, disponibles sans disposer. On est toujours un peu dépassé en amour, désorienté et docile. Disponibilité et docilité qu’accomplit l’érotisme. Il n’y a qu’à suivre l’incertain mouvement d’une caresse : ses hésitations, ses détours, son attente. Les caresses cherchent quelque chose, sans s’épuiser dans le contact sensible, sans être ordonnées à une volonté claire. Il y a là, selon Lévinas, une curiosité ouverte, désordonnée, sans objet, et ainsi sans domination ni possession.

Voilà une situation que nous pourrions imiter au grand jour…

Le Salon du Livre : Hommage à Lévinas

jeudi, 27 septembre 2007

André et Dorine

André Gorz, dernière lettre à D. 
L ettres à D. Histoire d’un amour (1), paru en septembre 2006, sera son ultime texte. A 84 ans, André Gorz a choisi de partir avec Dorine, 83 ans, sa femme. «Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous ­avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.» C’était la fin du livre. Hier, sur la porte de leur maison de Vosnon, dans l’Aube, où le couple s’était retiré depuis une vingtaine d’années, un simple message sur la porte : «Prévenir la gendarmerie». Une amie s’en est chargée. Ils reposaient tous deux côte à côte. Lettres à D., qu’André Gorz racontait avoir écrit en pleurant, disait toute la passion et la reconnaissance qu’il avait pour D., Dorine.
«Long dialogue».  Au soir d’une carrière bien remplie de philosophe et de journaliste, André Gorz ne pensait qu’à elle, seulement à elle, qui l’avait soutenu toutes ces années dans l’ombre. Il fallait en léguer une image pour qu’elle lui survive. «Cette présence fut décisive dans la construction d’une œuvre dont la visibilité ne porte qu’un nom alors qu’elle fut celle d’un couple, le fruit d’un long dialogue.» De traces biographiques, il ne reste que les siennes à lui, mais il faut toujours voir D. dans ses pas.
André Gorz a eu plusieurs identités, même si pour D., «il a toujours été Gérard». Né à Vienne en février 1923 de père juif et de mère catholique, sous le nom de Gérard Horst, il s’exile à Lausanne au moment de l’Anschluss. C’est en Suisse, où il étudie la chimie, qu’il rencontre Jean-Paul Sartre, venu donner une conférence en 1946. Si le philosophe l’encourage à travailler sur son essai philosophique, Fondements pour une morale, cette somme ne sera finalement publiée qu’en 1977.
L’existentialisme sartrien correspond à son expérience vécue, celle d’un être «injustifiable» qui, dans son premier livre publié, le Traître (1955), longuement préfacé par Sartre, tente de «se restituer tout, comme venant de lui-même».
Après la période sartrienne - qui l’a vu aussi concevoir la plupart des numéros des Temps modernes de 1967 à 1974, ne quittant le comité de rédaction qu’en 1983 -, Gorz intègre à la philosophie morale et existentielle une dimension sociologique et économique. En ce sens, les Adieux au prolétariat (1980) marquent une nouvelle saison de la réflexion particulièrement féconde, puisque Gorz, de façon quasiment prophétique, annonce la fin de la centralité du travail industriel dans les sociétés capitalistes. Dès lors, rares sont les analyses des métamorphoses du travail qui ne réfèrent pas à celles d’André Gorz. Et quand des thèmes comme «la fin de la modernité» ou la «crise de la raison» deviennent quasiment des slogans, il insiste, lui, sur la crise, et la fin d’une rationalité économique dont le propre est de se renverser, de provoquer la cassure verticale des vieilles agrégations sociales (les «classes»), et de laisser ­apparaître de nouvelles élites hyperproductives, seules aptes à bénéficier des services. Aussi finit-il par montrer que l’immatériel, favorisé par la généralisation des outils informatiques, devient la forme hégémonique du travail et le «poumon» de la création de valeur. Toute la tentative d’André Gorz aura été d’étudier les conditions auxquelles une société peut récupérer son contrôle sur l’économie. Son dernier essai, l’Immatériel, explorait le potentiel de subversion, de gratuité et de ­liberté qu’il y a dans l’économie de l’immatériel.
Grand reporter.  Parallèlement à son œuvre philosophique, Michel Bosquet (Bosquet, traduction française de Horst) poursuit une carrière de journaliste amorcée à Paris-Presse, puis à l’Express. Il suit Jean Daniel lorsque celui-ci transforme, avec Claude Perdriel, France Observateur en Nouvel Observateur en novembre 1964. Grand reporter, spécialiste des questions économiques, Michel Bosquet en sera un des rédacteurs en chef à partir de 1981. A la fois dans son travail philosophique et dans son métier de journaliste, il sera un des penseurs de l’écologie politique.
Il avait abordé Dorine, anglaise d’origine, un soir neigeux, le 23 octobre 1947, pour l’inviter à aller danser et ne l’a plus jamais quittée. Elle était atteinte d’une affection évolutive depuis de nombreuses années. Ils avaient choisi de ne pas avoir d’enfants. André Gorz disait à Libération, en septembre 2006 : «A mon avis, les bons pères sont ceux qui ont eu besoin de père dans leur enfance. Moi, je n’avais pas envie d’avoir de père parce que je n’aimais pas mon père. […] Tous les deux, on n’a pas de continuité, ni rien à transmettre. Nous n’avions pas de famille à fonder pour transmettre quoi que ce soit, puisque nous ­n’avions jamais eu de famille nous-mêmes. Si nous avions eu des enfants, j’aurais été jaloux de Dorine. Je préférais l’avoir pour moi tout seul.»
(1) Editions Galilée.
FREDERIC ROUSSEL (Libération 25 septembre 2007)

lundi, 24 septembre 2007

lu ce soir sur le site de Rue 89

 

Le philosophe André Gorz et sa femme unis jusque dans la mort

Par Zineb Dryef (Rue89)    18H35    24/09/2007

Il avait dit de sa "Lettre à D." qu’elle serait son oeuvre ultime. Ce lundi, André Gorz, 84 ans, et sa femme Dorine, 83 ans, se sont donnés la mort. Dans le milieu très sérieux de la pensée, André Gorz avait, il y a quelques mois, ému ses pairs. Le critique du capitalisme, l’existentialiste marxiste rendait hommage à sa femme malade dans des lignes amoureuses rares de justesse et de beauté.

La sachant condamnée, l’amoureux fou avait pris sa plume pour lui dire combien il l’aimait, combien il regrettait de l’avoir négligée, combien il la trouvait belle. Dans le récit de ces cinquante-huit ans de vie commune se lisait la promesse de ne pas survivre à l’autre:

"Il fallait aussi que notre amour soit 'aussi' un pacte pour la vie. Je n’ai jamais formulé tout cela aussi clairement. Je le savais au fond de moi. Je sentais que tu le savais. Mais la route a été longue pour que ces évidences vécues se fraient un chemin dans ma façon de penser et d’agir."

Ayant tout quitté pour rester auprès d’elle, André Gorz était heureux. Ceux qui le connaissaient de longue date, ceux qui ont lu sa "Lettre à D." comprendront son incapacité à vivre sans elle, son seul inexplicable philosophique:

"C’est cela: la passion amoureuse est une manière d’entrer en résonance avec l’autre, corps et âme, et avec lui ou elle seuls. Nous sommes en deçà et au-delà de la philosophie."

Leur exceptionnel amour, écrivait-il, tenait en ce qu’elle le faisait "exister", "accéder à un autre monde". C'est vers ce nouvel ailleurs que sont partis les amoureux de l'Aube.

vendredi, 31 août 2007

un amour de demoiselle

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si vous ne deviez me dire qu’un seul souvenir ça serait lequel

eh ben que je me suis pas mariée voilà c’est ça faut pas l’dire (elle rit) faut pas l’ dire pourquoi parce que parce que parce que euh j’allais passer les vacances à la campagne chez une dame qui est un peu parente on avait connu les p’ tits paysans là où on allait garder les vaches et les oies bon et puis alors y’en avait ils étaient tous très simples ces gens bon avec ma sœur et une cousine et puis alors y’en avait un bon qui lui était pas paysan on a échangé l’adresse hein puis c’est amusant c’était pas celui avec qui j’étais hein il m’a demandé l’adresse on a échangé l’adresse on a échangé l’adresse sur un gros caillou de l’adour parce que c’était dans les basses dans les hautes pyrénées entre tarbes et plaisance du gers et bien alors là ben avec celui-là on s’est écrit pendant 6 ou 8 ans c’était un amour platonique épisolaire alors j’sais pas combien 500-600 lettres je les ai brûlées avant de rentrer là

pourquoi

pourquoi qu’en aurais-je fait pourquoi pourquoi parce que je n’avais jamais envisagé que je pourrais me marier avec lui hein parce que nous n’étions pas du même milieu social moi j’étais et je suis encore roturière et lui ne l’était pas hein mais quand même il a été très honnête parce qu’un jour il m’avait dit oh y’a une chose je ne pourrais pas me marier avec toi ben j’ lui dis j’ t’ en demande pas tant restons copains et au fond ça veut pas dire que j’aurais été heureuse parce que son caractère enfin

et lui s’est marié

oui oui il a été influencé par sa sœur par sa sœur qui était très amie avec les deux frères de la jeune fille très amie plus que ça les et le père de cette jeune fille était commandant ils avaient un pied à terre là-bas à plaisance du gers et alors c’est elle sûrement qui et puis il avait pas l’air de trop vouloir se marier j’ sais pas si ça a été très très très réussi comme mariage au début non ça c’est sûr enfin soit mais je n’ai pas été déçue parce que je ne l’ai jamais envisagé hein

et vous l’avez revu quand même

ah alors sacrément oui un jour mais longtemps après mon ami que la correspondance a cessé bien sûr un jour nous étions avec ma mère aux eaux bonnes à l’hôtel du commerce en face du casino il faisait mauvais il faisait mauvais alors j’écris à mon ami là de la batturivière il fait mauvais il fait mauvais il dit ben descendez descendez là où on elle qui nous héberge pendant les vacances il fait soleil dans la plaine alors on décide on s’en va et puis en arrivant à tarbes on descend du train ma cousine qui était une malgache son père était trésorier-payeur général de madagascar à la retraite alors elle est venue avec sa belle traction à la gare voyez la date hein alors elle dit oh éva la dame chez qui j’étais petite en vacances qui était gentille oh que oui éva est fatiguée parce qu’elle était hier soir au château elle a été aider joséphine la cuisinière c’était le mariage de pierre vous pensez un coup de couteau parce que quand même ça me faisait mal d’arriver le jour de son mariage hein j’étais bien placée pour donner mes félicitations mais (elle rit) enfin je préférais pas hein et j’ai eu la chance il était parti le soir même et après alors longtemps après une amie une grande amie qui avait sa fille aux minimes à toulouse alors elle allait la voir souvent un jour elle me dit oh dis donc on va chez claudine tu viens on peut t’emmener on aura peut-être l’occasion de voir pierre oh ben je dis oui oui mais à ce moment-là j’avais plus mes parents hein alors nous allons chez la chez la fille et elle a téléphoné effectivement elle l’a trouvé c’est lui qui a répondu et il a dit oh mais c’est loin oh ben c’est à 30 kilomètres hein alors elle dit mais nous prendrons nous prendrons l’autobus oh il dit pas question y’a des voitures ici et effectivement il est arrivé avec une voiture une belle deux chevaux alors il s’est amené

cela faisait combien de temps que vous ne l’aviez pas vu

c’est lui qui me l’a dit alors mon amie lui dit vous voulez vous voulez un café monsieur pierre vous n’avez pas un cognac il lui dit (elle rit) très à l’aise et alors il me dit tu te rends compte depuis quand nous ne nous sommes pas vus 27 ans 27 ans 27 ans

vous aviez dû le trouver changer

non non non alors il m’a raconté il avait 4 enfants et alors maintenant je sais pas pourquoi mon ami mais je n’y fais que penser que ça m’empêche de dormir et je dis qu’est-ce qui m’empêche j’ai eu le numéro de téléphone on peut par minitel hein je l’ai pas fait je l’ai eu par le 12 pour savoir s’il est mort ou s’il est vivant je l’ai pas fait j’ai pas encore osé le faire et quelquefois il allait dans cette propriété là qu’il habite maintenant euh quand il voulait se ressourcer il dit ça il dit oh j’y vais à noël pour me ressourcer alors il aimait il aimait beaucoup il aimait assez la solitude il allait chasser et puis il allait faire euh jouer aux cartes avec son métayer et sa femme seul oui sans sa femme il allait dans sa propriété seul pour se ressourcer elle aimait pas ça tellement moi ça m’aurait pas euh parce que voyez il est f… de caractère froid hein puis moi un peu pas chaude quoi alors je me disais en moi qu’aurait fait le choc de l’iceberg et la banquise (elle rit) eh bien on s’entendait bien comme ça on s’écrivait plusieurs fois par semaine et puis j’étais contente de recevoir ses lettres je me suis contentée de courrier vous voyez

vous y pensez souvent en ce moment

eh ben oui et pourquoi mon ami pourquoi je vous le demande parce que je me dis est-ce qu’il est mort est-ce que il avait 4 ans de moins que moi il était de l’âge de ma sœur il a 85 ans

il suffit de passer un coup de téléphone

ben oui je téléphone que je tombe sur n’importe qui sur le métayer sur sa femme sur n’importe qui pour savoir s’il est mort ou s’il est en vie demander son état de santé

vous avez envie mais en même temps vous n’osez pas

euh oui mon ami oui j’ai son numéro là je l’ai eu hier par le 12 c’est à gorêt près de toulouse il était il était avocat et l’autre jour à la télé là ça m’a rappelé parce que quand ils font les champions vous savez là vous le regardez là euh lepers lepers alors dans les questions y’en a un on lui demandait quelque chose il a répondu quelque chose qui me l’a rappelé parce qu’il étudiait le droit hein et je me rappelle très bien il a dit oui la loi le châtelier je me suis rappelé très bien quand il étudiait y’avait la loi le châtelier curieux hein voilà mais si je le ferai si je le ferai qu’est-ce que je risque ben rien juste lui aussi il doit se dire elle est p’t’être morte (elle rit) il y pense lui aussi et alors nous allions là à la battue à la pêche à la fourchette c’était agréable on avait de l’eau à moitié jambe et puis une lampe à cétylène pour euh les attraper et puis on les piquait et au retour on mangeait du jambon et du pain mais enfin mais nous étions vous saviez des les jeunes ne le croiraient pas hein parce qu’il n’y a jamais eu ça a été toujours d’une correction d’une réserve d’une distinction d’une

alors que maintenant ça irait beaucoup plus vite

oui oui enfin (long silence) je dis que je le ferai si si je le ferai je l’ai son numéro là vous voyez là sur la table de nuit mais bon je crois pas que j’oserai (long silence) et vous mon ami ça vous dérangerait de le faire

mardi, 14 août 2007

camping

 
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mais des souvenirs des vacances euh pfffft j’en ai comme tout le monde on campait on avait acheté une petite caravane pliante et nous amenions chaque année un neveu un p’tit neveu n’ayant pas d’enfant nous suivions ceux des autres voilà

vous campiez alors à partir de quelle année

on a commencé à camper en 46 l’année après le mariage mon mari m’a dit si ça te plaît on va louer une tente enfin si ça te plaît pas on en achètera pas et puis ça m’a plu et nous avons mordu nous avons campé 30 ans voilà

c’était toujours au même endroit

oh non bien sûr que non nous avons campé une dizaine d’années à l’île de ré tous les ans mais nous avons mais nous avons également fait l’achat d’une caravane pliante et nous avons voyagé nous sommes allés jusqu’en bretagne nous sommes allés dans le nord nous avons fait des cimetières anglais des cimetières allemands nous avons nous avons voyagé oui nous avons voyagé et nous en avons bien fait d’en profiter puisque mon mari est tombé aveugle je l’ai gardé 5 ans aveugle voilà ça a été une entrave à notre bonheur voilà monsieur c’que je peux vous dire mais enfin vous savez cette guerre a a a quand même fait bien des misères parce que c’est trop long ça a été trop long et cette présence allemande a été pénible voilà espérons que ce sera la dernière hein espérons (elle rit) quand vous partiez en 46 avec la toile de tente vous deviez être les premiers à faire ça non ah oui oui oui

et pourquoi votre mari avait eu cette idée de faire du camping

nous étions les premiers monsieur et nous avons fait le feu le feu de bois pour la cuisine nous n’avions pas de réchaud butagaz à ce moment-là monsieur nous avions des matelas pneumatiques c’était tout à fait le camping euh provisoire hein pas le camping de maintenant mon mari lorsqu’il arrivait créait oui monsieur créait des waters entourés de planches on faisait un trou pour ne rien laisser de sale et nous avons campé vraiment les pre… dans les premiers campings nous avions campé à l’île de ré parce que nous avions des amis qui avaient une tante qui connaissait bien le maire et qui nous avait accepté de camper oui les premiers campeurs quand il est euh parti euh enfin nous lui avons offert l’apéritif et il nous a dit je vous félicite je n’aurais jamais cru que vous pourriez faire un camping comme ça (elle rit) voilà

et après ça a été la caravane pliante c’était en quelle année

pliante mais en dur

c’était en quelle année ça vous vous en souvenez

oh plus tard vers 53 ou 4 nous étions un peu plus riches parce que les premières années nous n’étions pas riches

là aussi vous deviez être les premiers

oh oui oh oui ça vous pouvez le dire ça nous l’avions vu à la foire elle nous plaisait et nous l’avons commandé euh du côté d’angoulême nous l’a… nous avons campé plusieurs années avec et après nous l’avons vendue voilà et nous avons été très heureux monsieur ça je peux vous le dire je peux vous dire que si y’a des gens qui savent pas être heureux de la vie c’est pas nous on a eu de gros pépins parce que j’ai fait cinq mois de lit pour garder un p’tit bébé et puis nous avions des groupes sanguins qui s’opposaient ça a été un très gros chagrin dans notre ménage ça monsieur mais on ne s’est pas séparés on s’est soudés et on s’est supportés chose que les jeunes ne savent plus faire maintenant ils sont pas patients et même vous voulez que je vous dise moi monsieur oui dites-moi eh ben ils sont pas assez amoureux les jeunes (elle rit)

si vous deviez madame s’il devait y avoir un jeune homme ou une jeune fille qui allait commencer une vie de couple quel conseil lui donneriez-vous

vous allez vivre en couple vous hein

euh c’est à dire que euh

beaucoup d’abnégation de la part de la femme davantage que de la part du mari parce qu’une femme doit donner elle doit être très compréhensive et elle doit donner elle doit être très compréhensive et elle doit donner et beaucoup d’amour monsieur il n’y a que l’amour monsieur qui sauve vraiment un couple on peut se fâcher on peut avoir une petite dispute mais si on s’aime on se réconcilie toujours oui monsieur et puis une entente physique ça oui et c’est primordial aussi ça et une entente morale je me demande si je dirai à ce petit jeune moi je dirai aux jeunes d’être patients de de se supporter oui monsieur de se supporter et de s’aimer

très bien je vous remercie

c’est ma conclusion