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samedi, 15 mars 2008
lu sur le site du Monde ce soir
Les
cantonales
mesurent
mieux
le rapport
droite-gauche
Tel est le paradoxe des cantonales, élections plus directement politiques que les municipales lorsqu'il s'agit d'exprimer un message national, qu'il s'agisse d'un vote-sanction ou d'un vote d'adhésion, mais pourtant considérées comme moins porteuses de sens.
Pour Stéphane Rozès, directeur général de l'institut CSA, "l'appartenance politique de chaque candidat apparaît beaucoup plus clairement au niveau du canton ; dans ces conditions, les résultats enregistrés dans les conseils généraux apparaissent comme des indicateurs très fiables pour établir les équilibres entre majorité et opposition". Et, en règle générale, plus parlants que les scrutins de liste municipaux, caractérisés par des stratégies d'alliances plus complexes et qui subissent plus directement l'influence des particularismes locaux.
Au Parti socialiste, on s'est déjà résigné à voir le score global de la gauche au second tour de ces élections cantonales - François Hollande espère la voir totaliser de 53 % à 54 % des voix dimanche 16 mars - passer au second plan. L'issue du scrutin à Marseille, Toulouse, Strasbourg ou Périgueux pèsera plus lourd que la conquête par la gauche du conseil général des Deux-Sèvres, de la Côte-d'Or, d'Indre-et-Loire, de la Somme, de la Corrèze ou de l'Allier. Chercheur au Cevipof, le Centre d'étude de la vie politique de Sciences-Po, Elisabeth Dupoirier déplore que "la portée des élections cantonales soit totalement sous-évaluée". La désignation d'un conseiller général, estime-t-elle, "peut se comparer à une législative en miniature avec, in fine, la désignation du personnage important qu'est devenu le président du conseil général, une institution dont les habitants des départements ont compris qu'elle gère une part importante des dépenses sociales".
Alors qu'il est possible d'agréger au niveau national les données des élections cantonales, il n'en va pas de même avec "les municipales, qui offrent à chaque camp la possibilité de retenir certaines catégories de villes pour faire apparaître un bilan plus flatteur", souligne Mme Dupoirier. Elle admet cependant que ces enjeux sont plus palpables dans les zones rurales que dans les milieux urbains, où la dimension cantonale est moins prégnante.
Comparée à l'élection d'un maire, celle d'un conseiller général pâtit aussi d'un net "déficit de personnalisation". Ce qui expliquerait sa moindre portée symbolique dans l'opinion et auprès des acteurs politiques. M. Rozès considère ainsi que les cantonales s'insèrent mal dans l'imaginaire politique moderne, particulièrement marqué par la personnalisation du pouvoir.
"Nous sommes rentrés dans un cycle où l'identification des électeurs s'effectue de façon non plus négative mais positive, dit-il. Or ce qui s'est noué lors de ces municipales, c'est précisément l'émergence de cette dimension de plus en plus individuelle qui fait que la figure du maire - dont la légitimité doit procéder directement de ses administrés plutôt que de logiques nationales ou partidaires - prime sur le projet", poursuit le directeur général de CSA.
Cette tendance à "l'identification positive" se traduirait par le désir de chaque électeur de "retrouver à la tête de sa ville son Nicolas Sarkozy, sa Ségolène Royal ou son François Bayrou", considère M. Rozès. Une logique qui contribuerait aussi à faire émerger des maires consensuels. De grands notables faisant preuve d'une certaine rondeur, "capables de s'inscrire dans la résolution des conflits plutôt que dans la confrontation droite-gauche".
20:28 Publié dans estranged | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, cantonales, sarkozy, royal
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