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vendredi, 31 août 2007

un amour de demoiselle

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si vous ne deviez me dire qu’un seul souvenir ça serait lequel

eh ben que je me suis pas mariée voilà c’est ça faut pas l’dire (elle rit) faut pas l’ dire pourquoi parce que parce que parce que euh j’allais passer les vacances à la campagne chez une dame qui est un peu parente on avait connu les p’ tits paysans là où on allait garder les vaches et les oies bon et puis alors y’en avait ils étaient tous très simples ces gens bon avec ma sœur et une cousine et puis alors y’en avait un bon qui lui était pas paysan on a échangé l’adresse hein puis c’est amusant c’était pas celui avec qui j’étais hein il m’a demandé l’adresse on a échangé l’adresse on a échangé l’adresse sur un gros caillou de l’adour parce que c’était dans les basses dans les hautes pyrénées entre tarbes et plaisance du gers et bien alors là ben avec celui-là on s’est écrit pendant 6 ou 8 ans c’était un amour platonique épisolaire alors j’sais pas combien 500-600 lettres je les ai brûlées avant de rentrer là

pourquoi

pourquoi qu’en aurais-je fait pourquoi pourquoi parce que je n’avais jamais envisagé que je pourrais me marier avec lui hein parce que nous n’étions pas du même milieu social moi j’étais et je suis encore roturière et lui ne l’était pas hein mais quand même il a été très honnête parce qu’un jour il m’avait dit oh y’a une chose je ne pourrais pas me marier avec toi ben j’ lui dis j’ t’ en demande pas tant restons copains et au fond ça veut pas dire que j’aurais été heureuse parce que son caractère enfin

et lui s’est marié

oui oui il a été influencé par sa sœur par sa sœur qui était très amie avec les deux frères de la jeune fille très amie plus que ça les et le père de cette jeune fille était commandant ils avaient un pied à terre là-bas à plaisance du gers et alors c’est elle sûrement qui et puis il avait pas l’air de trop vouloir se marier j’ sais pas si ça a été très très très réussi comme mariage au début non ça c’est sûr enfin soit mais je n’ai pas été déçue parce que je ne l’ai jamais envisagé hein

et vous l’avez revu quand même

ah alors sacrément oui un jour mais longtemps après mon ami que la correspondance a cessé bien sûr un jour nous étions avec ma mère aux eaux bonnes à l’hôtel du commerce en face du casino il faisait mauvais il faisait mauvais alors j’écris à mon ami là de la batturivière il fait mauvais il fait mauvais il dit ben descendez descendez là où on elle qui nous héberge pendant les vacances il fait soleil dans la plaine alors on décide on s’en va et puis en arrivant à tarbes on descend du train ma cousine qui était une malgache son père était trésorier-payeur général de madagascar à la retraite alors elle est venue avec sa belle traction à la gare voyez la date hein alors elle dit oh éva la dame chez qui j’étais petite en vacances qui était gentille oh que oui éva est fatiguée parce qu’elle était hier soir au château elle a été aider joséphine la cuisinière c’était le mariage de pierre vous pensez un coup de couteau parce que quand même ça me faisait mal d’arriver le jour de son mariage hein j’étais bien placée pour donner mes félicitations mais (elle rit) enfin je préférais pas hein et j’ai eu la chance il était parti le soir même et après alors longtemps après une amie une grande amie qui avait sa fille aux minimes à toulouse alors elle allait la voir souvent un jour elle me dit oh dis donc on va chez claudine tu viens on peut t’emmener on aura peut-être l’occasion de voir pierre oh ben je dis oui oui mais à ce moment-là j’avais plus mes parents hein alors nous allons chez la chez la fille et elle a téléphoné effectivement elle l’a trouvé c’est lui qui a répondu et il a dit oh mais c’est loin oh ben c’est à 30 kilomètres hein alors elle dit mais nous prendrons nous prendrons l’autobus oh il dit pas question y’a des voitures ici et effectivement il est arrivé avec une voiture une belle deux chevaux alors il s’est amené

cela faisait combien de temps que vous ne l’aviez pas vu

c’est lui qui me l’a dit alors mon amie lui dit vous voulez vous voulez un café monsieur pierre vous n’avez pas un cognac il lui dit (elle rit) très à l’aise et alors il me dit tu te rends compte depuis quand nous ne nous sommes pas vus 27 ans 27 ans 27 ans

vous aviez dû le trouver changer

non non non alors il m’a raconté il avait 4 enfants et alors maintenant je sais pas pourquoi mon ami mais je n’y fais que penser que ça m’empêche de dormir et je dis qu’est-ce qui m’empêche j’ai eu le numéro de téléphone on peut par minitel hein je l’ai pas fait je l’ai eu par le 12 pour savoir s’il est mort ou s’il est vivant je l’ai pas fait j’ai pas encore osé le faire et quelquefois il allait dans cette propriété là qu’il habite maintenant euh quand il voulait se ressourcer il dit ça il dit oh j’y vais à noël pour me ressourcer alors il aimait il aimait beaucoup il aimait assez la solitude il allait chasser et puis il allait faire euh jouer aux cartes avec son métayer et sa femme seul oui sans sa femme il allait dans sa propriété seul pour se ressourcer elle aimait pas ça tellement moi ça m’aurait pas euh parce que voyez il est f… de caractère froid hein puis moi un peu pas chaude quoi alors je me disais en moi qu’aurait fait le choc de l’iceberg et la banquise (elle rit) eh bien on s’entendait bien comme ça on s’écrivait plusieurs fois par semaine et puis j’étais contente de recevoir ses lettres je me suis contentée de courrier vous voyez

vous y pensez souvent en ce moment

eh ben oui et pourquoi mon ami pourquoi je vous le demande parce que je me dis est-ce qu’il est mort est-ce que il avait 4 ans de moins que moi il était de l’âge de ma sœur il a 85 ans

il suffit de passer un coup de téléphone

ben oui je téléphone que je tombe sur n’importe qui sur le métayer sur sa femme sur n’importe qui pour savoir s’il est mort ou s’il est en vie demander son état de santé

vous avez envie mais en même temps vous n’osez pas

euh oui mon ami oui j’ai son numéro là je l’ai eu hier par le 12 c’est à gorêt près de toulouse il était il était avocat et l’autre jour à la télé là ça m’a rappelé parce que quand ils font les champions vous savez là vous le regardez là euh lepers lepers alors dans les questions y’en a un on lui demandait quelque chose il a répondu quelque chose qui me l’a rappelé parce qu’il étudiait le droit hein et je me rappelle très bien il a dit oui la loi le châtelier je me suis rappelé très bien quand il étudiait y’avait la loi le châtelier curieux hein voilà mais si je le ferai si je le ferai qu’est-ce que je risque ben rien juste lui aussi il doit se dire elle est p’t’être morte (elle rit) il y pense lui aussi et alors nous allions là à la battue à la pêche à la fourchette c’était agréable on avait de l’eau à moitié jambe et puis une lampe à cétylène pour euh les attraper et puis on les piquait et au retour on mangeait du jambon et du pain mais enfin mais nous étions vous saviez des les jeunes ne le croiraient pas hein parce qu’il n’y a jamais eu ça a été toujours d’une correction d’une réserve d’une distinction d’une

alors que maintenant ça irait beaucoup plus vite

oui oui enfin (long silence) je dis que je le ferai si si je le ferai je l’ai son numéro là vous voyez là sur la table de nuit mais bon je crois pas que j’oserai (long silence) et vous mon ami ça vous dérangerait de le faire

mercredi, 29 août 2007

premier jour

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mardi, 28 août 2007

Jamais ô grand jamais

« Jamais je ne cesserai d’écrire »
  SUD OUEST     Article publié le : Vendredi 10 Août 2007  

L’auteur de «Tout semblait calme» s’installe sur la rive droite afin de poursuivre ses créations théâtrales imprégnées du vécu des habitants

D’acteur à auteur, il n’y a qu’une lettre. Peut être deux... Voire tout un livre. A 17 ans, Renaud Borderie réalise qu’il ne peut plus pratiquer l’art dramatique comme un simple loisir. « C’est un besoin profond, nécessaire à mon équilibre ! ».  Il devient comédien puis metteur en scène. En particulier à l’écoute des Lormontais dont les expériences individuelles irriguent son théâtre. « Moi je sais ce que c’est que la souffrance ! » l’interpelle une nonagénaire de la Rive Droite. A 37 ans, l’ancien directeur de l’Alliance française de Madagascar et de Bordeaux, prête l’oreille à son apprentie de l’atelier d’écriture. Ainsi naît « Tout semblait calme », un roman écouté aux portes de l’âge, de la douleur et de l’intime. Son premier livre. L’aboutissement d’un parcours devant la rampe dans les coulisses de la littérature. « Le théâtre, c’est peut- être quelque chose de provisoire comme une passion. Mais jamais je ne cesserai d’écrire. »

De rencontre en rencontre.
Le mot qui revient le plus souvent dans la bouche de Renaud Borderie est le terme « rencontre ». Visiblement les confrontations orientent les inflexions de son itinéraire. Les acteurs de la « Boite à jouer » lui lancent « ose » au moment de quitter l’amateurisme pour devenir comédien. Les responsables culturels de Lormont ont assez de clairvoyance pour lui commander des pièces imprégnées du vécu des habitants. Il initie la « Cité’s compagnie » à partir d’un atelier-théâtre de jeunes. Après avoir collecté des témoignages, il les met en forme avec Nicole Korjanevski. L’encrier était ouvert. Il ne cessera pas de si tôt d’y tremper son calame. « J’habite ici depuis un an » indique le metteur en scène. « Je veux comprendre cette ville où je compte m’installer pour une bonne partie de notre vie. L’acte artistique me permet de comprendre un peu plus ». Il n’est pas encore temps de prendre des engagements mais la diversité des Ambarésiens éveille sa curiosité. Le projet en gestation du Pôle Évasion titille déjà son appétit de création...

«  Tout semblait calme », roman de Renaud Borderie, aux Éditions Confluences, 125 pages, 12,50€.

mardi, 14 août 2007

camping

 
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mais des souvenirs des vacances euh pfffft j’en ai comme tout le monde on campait on avait acheté une petite caravane pliante et nous amenions chaque année un neveu un p’tit neveu n’ayant pas d’enfant nous suivions ceux des autres voilà

vous campiez alors à partir de quelle année

on a commencé à camper en 46 l’année après le mariage mon mari m’a dit si ça te plaît on va louer une tente enfin si ça te plaît pas on en achètera pas et puis ça m’a plu et nous avons mordu nous avons campé 30 ans voilà

c’était toujours au même endroit

oh non bien sûr que non nous avons campé une dizaine d’années à l’île de ré tous les ans mais nous avons mais nous avons également fait l’achat d’une caravane pliante et nous avons voyagé nous sommes allés jusqu’en bretagne nous sommes allés dans le nord nous avons fait des cimetières anglais des cimetières allemands nous avons nous avons voyagé oui nous avons voyagé et nous en avons bien fait d’en profiter puisque mon mari est tombé aveugle je l’ai gardé 5 ans aveugle voilà ça a été une entrave à notre bonheur voilà monsieur c’que je peux vous dire mais enfin vous savez cette guerre a a a quand même fait bien des misères parce que c’est trop long ça a été trop long et cette présence allemande a été pénible voilà espérons que ce sera la dernière hein espérons (elle rit) quand vous partiez en 46 avec la toile de tente vous deviez être les premiers à faire ça non ah oui oui oui

et pourquoi votre mari avait eu cette idée de faire du camping

nous étions les premiers monsieur et nous avons fait le feu le feu de bois pour la cuisine nous n’avions pas de réchaud butagaz à ce moment-là monsieur nous avions des matelas pneumatiques c’était tout à fait le camping euh provisoire hein pas le camping de maintenant mon mari lorsqu’il arrivait créait oui monsieur créait des waters entourés de planches on faisait un trou pour ne rien laisser de sale et nous avons campé vraiment les pre… dans les premiers campings nous avions campé à l’île de ré parce que nous avions des amis qui avaient une tante qui connaissait bien le maire et qui nous avait accepté de camper oui les premiers campeurs quand il est euh parti euh enfin nous lui avons offert l’apéritif et il nous a dit je vous félicite je n’aurais jamais cru que vous pourriez faire un camping comme ça (elle rit) voilà

et après ça a été la caravane pliante c’était en quelle année

pliante mais en dur

c’était en quelle année ça vous vous en souvenez

oh plus tard vers 53 ou 4 nous étions un peu plus riches parce que les premières années nous n’étions pas riches

là aussi vous deviez être les premiers

oh oui oh oui ça vous pouvez le dire ça nous l’avions vu à la foire elle nous plaisait et nous l’avons commandé euh du côté d’angoulême nous l’a… nous avons campé plusieurs années avec et après nous l’avons vendue voilà et nous avons été très heureux monsieur ça je peux vous le dire je peux vous dire que si y’a des gens qui savent pas être heureux de la vie c’est pas nous on a eu de gros pépins parce que j’ai fait cinq mois de lit pour garder un p’tit bébé et puis nous avions des groupes sanguins qui s’opposaient ça a été un très gros chagrin dans notre ménage ça monsieur mais on ne s’est pas séparés on s’est soudés et on s’est supportés chose que les jeunes ne savent plus faire maintenant ils sont pas patients et même vous voulez que je vous dise moi monsieur oui dites-moi eh ben ils sont pas assez amoureux les jeunes (elle rit)

si vous deviez madame s’il devait y avoir un jeune homme ou une jeune fille qui allait commencer une vie de couple quel conseil lui donneriez-vous

vous allez vivre en couple vous hein

euh c’est à dire que euh

beaucoup d’abnégation de la part de la femme davantage que de la part du mari parce qu’une femme doit donner elle doit être très compréhensive et elle doit donner elle doit être très compréhensive et elle doit donner et beaucoup d’amour monsieur il n’y a que l’amour monsieur qui sauve vraiment un couple on peut se fâcher on peut avoir une petite dispute mais si on s’aime on se réconcilie toujours oui monsieur et puis une entente physique ça oui et c’est primordial aussi ça et une entente morale je me demande si je dirai à ce petit jeune moi je dirai aux jeunes d’être patients de de se supporter oui monsieur de se supporter et de s’aimer

très bien je vous remercie

c’est ma conclusion

lundi, 13 août 2007

Lu sur le site de Rue 89

Autodafé à l'huile de vidange à l'Abbaye de Lagrasse

L'abbaye de Lagrasse (Guido t'Sas/hhBest.nl)

Les 600 Lagrassiens se sont réveillés dans une drôle d'atmosphère, jeudi matin. Dans la nuit, ce petit village des Corbières a été le théâtre d'un moderne autodafé: près de 10000 livres consciencieusement souillés, un à un, par un mélange d'huile de vidange et de gasoil. Montant du préjudice: entre 60000 et 80000 euros. D'après les premières constatations des gendarmes de Carcassonne, les "Inquisiteurs" ont probablement fracturé une meurtrière pour pénétrer dans l'abbaye qui abritait la librairie temporaire du dixième festival annuel Le Banquet du Livre. Un "acte de foi" relaté et dénoncé par les éditions Verdier et l'un des organisateurs du Banquet, Jean-Michel Mariou...

"Les 120 journées de Sodome" dans l'abbaye

Dans le village, on est plutôt fier de cette abbaye médiévale fondée par Charlemagne et coupée en deux par la Révolution: d'un côté, la partie laïque, aujourd'hui gérée par le Conseil général de l'Aude, de l'autre, la partie religieuse, occupée par les chanoines réguliers de la Mère de Dieu. Les seconds se sont installés là contre l'avis du premier qui voulait récupérer la totalité du bâtiment. En ces terres hérétiques, chacun campe sur son quant-à-soi, le bâtiment étant complètement séparé par un mur. Jusqu'à cette dixième édition du Banquet, les relations étaient plutôt cordiales. Mais le thème retenu cette année a raidi les positions.

L'association Marque Page a décidé de rendre hommage à l'oeuvre du romancier Pascal Quignard, auteur de "la Nuit sexuelle". Le roman, qui sort en octobre, "essaie de montrer que notre civilisation de l'image reflète l'impossibilité de montrer l'immontrable" explique Béatrice Mocquard, des éditions Flammarion. En clair, il interroge les représentations de la sexualité dans l'art, notamment la peinture. L'écrivain a donc été convié à présenter son ouvrage au milieu d'autres oeuvres, la programmation incluant une projection de "Salo ou les 120 journées de Sodome", le film de Pasolini, L'Empire des Sens de Nagisa Oshima... etc. Pas de quoi fouetter un chat.

"L'abbaye doit être réunifiée"

Samedi 4 août, dans un article alarmant, le Figaro se fait l'écho des inquiétudes écclésiales. "La polémique fait rage dans ce joyau du pays cathare" commence le papier, rapportant les propos du Père-abbé Emmanuel-Marie: "Ce sont des habitants du village qui sont venus nous prévenir du thème de la manifestation, dit-il. Pour eux, il s'agit d'une profanation de ce lieu à vocation spirituelle." Pas de menace ou de mise à l'index dans les propos du chanoine, mais un vague soupçon: "Je souhaite de tout mon coeur qu'il ne s'agit pas d'une provocation." Le président (PS) du Conseil général s'en agace: "Les jours suivants, j'ai bien reçu cinq mails insultants, anonymes ou signés, dit Marcel Rainaud, mais j'en ai souri." Aujourd'hui, il rit jaune: "S'attaquer à des livres, c'est le retour au XIIIe siècle et la Nuit de Cristal!" Y-a-t-il un rapport avec le conflit qui l'a opposé à la communauté chrétienne? "Rien à voir avec notre différend immobilier, ajoute Rainaud, nous considérons simplement que l'abbaye doit être rachetée par la collectivité et réunifiée". Les chanoines n'ont pas répondu aux appels de Rue89.

L'abbaye de Lagarce (Guido t'Sas/hhBest.nl)

L'écrivain Catherine Millet -proche de Quignard dans sa démarche artistique d'interrogation de la sexualité et qui s'est rendue à Lagrasse- attaque plus frontalement le quotidien: "Il faut stigmatiser le travail du Figaro, soulignant le fait qu'il y avait des polémiques religieuses et politiques, en les mélangeant et alertant des extrémistes qui ne savaient sûrement pas que ce festival existait." Evidemment, jeudi matin, après la découverte du saccage, la condamnation est unanime. Y compris de la part du père-abbé comme le relate la Dépêche du Midi. Le responsable du Banquet du Livre, Jean-Michel Mariou, a son idée sur les possibles auteurs de cette expédition punitive...

Des soupçons corroborés par le vice-procureur de Carcassonne qui, sans privilégier une piste plutôt qu'une autre, a relévé l'importance des e-mails de menaces et le récent activisme du site de "chrétiens engagés", Unitas.fr. "La concommitance est troublante", a assuré Florence Galtier vendredi, lors d'une conférence de presse, en révélant que des auditions sont en cours.

"Dimanche matin, nous sommes allés à la messe, conclut Catherine Millet, car l'abbaye est magnifique et que la messe y est très belle... et bien le Chanoine était très content de nous accueillir. Je trouve cela désolant ce genre d'agression, car le libraire (Christian Thorel, patron d'Ombres Blanches à Toulouse, ndlr) avait beaucoup travaillé sur son fond pour exposer des livres rares ou difficiles à trouver. J'en ai d'ailleurs acheté plusieurs. C'est aussi cela qui a été saccagé: le travail d'intellectuel du libraire. Je suis de la génération de 68, où on a vécu dans l'illusion que les moeurs allait évoluer. En fait, non, soupire-t-elle, il faut toujours lutter contre l'intolérance."

A Lagrasse, on s'interroge sur la présence dans les environs de groupes des Scouts d'Europe. L'un d'eux, d'ailleurs, est hébergé dans l'abbaye de la discorde.

samedi, 11 août 2007

"je me surprends à être ému par la multitude de cheminées de bateaux"

 

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j’ai pris la porte à 17 ans ma mère m’a dit t’es pas contente tu prends la porte j’ai pris la porte j’suis partie j’ai été au bureau de placement j’ai trouvé une place

attendez à 17 ans vous êtes partie

je suis partie de chez ma mère parce qu’elle m’a foutue dehors (elle rit)

ça vous fait rire

eh oui vous voulez pas que j’en pleure 70 ans après enfin presque quand même alors euh je suis allée au bureau de placement j’ai trouvé une place

c’est quoi un bureau de placement

eh ben comment ici là ils appellent ça le machin là

l’ANPE

non les bureaux intérimaires

ah d’accord les boîtes d’intérim

intérim oui c’est ça bravo tandis qu’à l’époque vous voyez on appelait ça le bureau de placement alors y’avait une place à rochefort femme de chambre dans un chez le comte et la comtesse des ménards chez la comtesse des ménards alors là j’ai j’ai fait ma petite valise et puis me voilà partie eh oui je suis partie eh oui avec ma petite valise là je suis arrivée chez la châtelaine et là on était deux enfin deux femmes la cuisinière un chauffeur et moi comme femme de mé de ména non femme de chambre à 17 ans oui alors un jour je dis j’ai dit j’en ai marre j’ai dit à la femme de chambre (elle rit) non c’était moi j’ai dit à la cuisinière on se barre toutes les deux

vous aviez quel âge

17-18 ans j’ai dit on se barre j’en ai marre d’la comtesse là elle nous (elle rit) elle nous f’sait lever le matin à 5 heures le soir alors un jour j’lui ai dit madame la comtesse y’a des heures pour se lever le matin mais avec vous y’en a pas le soir pour s’coucher le soir c’était des veillées c’était le grand monde qui venait se bringuer toute la nuit mais à 5 heures du matin fallait quand même se lever alors j’ai dit à la cui à la cuisinière j’ai dit on se barre toutes les deux on se taille mais oui elle me dit moi elle veut pas m’payer j’ai dit moi j’ai un peu d’argent d’avance (elle rit) j’te paierai ton voyage on est allées sur la route le car qui faisait angoulême rochefort oui rochefort j’crois non

vous êtes retournée à angoulême

ben oui où aller avec nos valises là où aller

vous êtes parties à l’aventure

oui on est parties à l’aventure si vous voulez alors le chauffeur du car nous dit j’connais un petit bistrot on ira voir si elle veut vous recevoir pour la nuit après demain vous vous arrangerez on arrive dans ce bistrot alors la la femme était en train de souper on avait faim nous je regardais ce plat j’dis si elle pouvait nous en donner un peu et ça s’trouvait pour les fêtes de noël alors on lui demande si elle pouvait pas elle dit j’peux vous coucher aussi mais c’est tout c’que je peux faire elle nous a couchées pour la nuit le lendemain on est parties encore chercher du boulot moi j’lai trouvé parce que la femme m’a gardée

ah bon

elle m’a dit écoutez puisque vous trouvez rien j’vous garde mais j’avais pas l’droit d’aller servir au p’tit bistrot là

parce que vous étiez trop jeune

ah j’étais trop jeune c’était j’avais 21 ans ah oui autrement y’avait la police police des mœurs

ah oui la police des mœurs quand même

je gardais trois gosses j’m’occupais des trois gosses alors ils étaient bien mignons mais bon les torcher et tout là j’ai dit un jour quand même j’irais bien servir moi mais si j’ me fais choper alors je (elle rit) j’ me suis mariée alors là une fois mariée j’avais l’ droit d’aller servir au restaurant

vous vous êtes mariée uniquement pour servir

oh oui et alors parce que j’ voulais servir j’ voulais et j’ voulais une alliance c’est ça j’ voulais une alliance pour m’ faire appeler madame parce que c’est bien beau d’garder les mômes mais ce serait quand même je s’ rais quand même d’aller d’aller les servir qu’est-ce que j’ fous là

mais qu’est-ce qui vous plaisait vous de servir les gens

eh j’ ramassais les je gagnais plus de pognon ils m’laissaient la pièce ah y’avait l’pourboire et alors

et vous vous êtes mariée mais vous avez pas pris

oh ben pas

mais entre nous vous étiez amoureuse ou pas

eh oh c’était pas le premier venu quand même le pauvre gars (elle rit) alors j’étais bien j’étais lui travaille il est boulanger moi j’étais nourrie alors je je bossais là comment mais enfin j’pouvais les servir c’est c’que j’voulais aller servir et m’faire appeler madame et puis avoir cette alliance ah j’voyais ça à ce doigt là j’dis si j’en avais une comme ça

qu’est-ce qui vous plaisait dans l’alliance

eh ben me faire appeler madame

ah oui

ah oui on disait ma… on disait plus mademoiselle on disait bonjour madame vous allez bien madame très bien madame merci madame au-revoir madame à bientôt madame

c’est important de ne plus être mademoiselle

ben non mais enfin j’trouvais qu’ça faisait mieux de dire madame (elle rit) ça faisait plus riche ça oui oui ça faisait plus riche eh oui vous monsieur on vous appelle toujours monsieur

et c’était où ça madame

à angoulême angoulême toujours angoulême alors après je me suis donc j’ai restée dans cette place assez longtemps et un jour mon mari m’dit à l’hôtel de à l’hôtel où il portait les croissants le matin ils demandent euh du personnel j’en ai alors je suis allée au à c’t’ hôtel un chic hôtel et alors là j’ai été comme serveuse alors j’étais chic hein oh alors là des talons hauts des belles robes avec des revers blancs j’étais vraiment euh j’y ai resté sept ans là-dedans c’était merveilleux mais alors c’est ces valises qu’il fallait traîner y’avait pas l’ascenceur fallait les traîner à la main (elle rit)

ces gens qui venaient à cet hôtel c’était des gens riches

ah des gens riches oui ah oui j’ai même reçu le roi du maroc le père de celui qui règne maintenant oui on avait tous les artistes descendaient annie ducot pierre blanchard pierre richarwill bourvil euh et celui qui était si vilain là comment y s’appelait euh renaud borderie

qui

renaud borderie

qui c’est celui-là

c’est moi

(elle rit) oh ça va montrez-vous oui y’a pire (elle rit) euh pierre

quelqu’un de vilain simon

oui c’est ça ah oui ah oui oh là là il était vilain celui-là c’est comment son nom exactement

je vois qui vous voulez dire

oui comment il s’appelle

je ne sais pas je ne sais plus mais je vois qui vous voulez dire et vous aviez quel âge

ben vingt deux ans

vous n’aviez pas d’enfant

euh j’vais si ma fille mais alors là j’ai quitté mon travail quand j’ai eu ma fille je suis restée à la maison

et votre mari était toujours boulanger là

toujours boulanger lui oui ouais

et après vous avez repris le travail

ah non ah non mon mari a dit tu restes à la maison comme moi je on se marie c’est pour que tu partes le matin et rentres le soir c’est que l’hôtel on rentrait y’avait pas d’heure pour rentrer hein

mais vous vous deviez être malheureuse de rester à la maison non

non ah non après j’avais ma fille à m’occuper j’avais mon mé mo ménage ma cuisine et faire la lessive non y’avait j’avais quand même à m’occuper

et combien de temps êtes-vous restée à angoulême

je suis arrivée ici en 48 oui j’habite dans la région depuis 48

pourquoi bordeaux votre mari avait été muté

non je suis venu avec ma fille seule vous voyez j’voulais voir d’autres choses j’voulais voyager un peu moi j’étais divorcée ma fille est rentrée oui chez une des professeurs du lycée montaigne pour garder un p’tit bébé alors là on était tranquilles enfin et voilà maintenant j’suis ici

tout à l’heure vous me disiez que vous n’avez rien à me dire à me raconter vous êtes une sacrée aventurière dites donc

oh

vous partez de chez vous à l’âge de 17 ans parce que votre beau-père vous battez puis vous vous débrouillez pour devenir serveuse

ah oui oh là j’étais bien

en 48 vous quittez tout et vous venez vivre à bordeaux avec votre fille

et alors

vous êtes courageuse

ah il fallait l’faire vous savez les gens ne sont pas toujours ce qu’on croit moi c’était quand même pas la valise en carton mais presque (elle rit)

et en 48 vous recommencez une autre vie

je faisais des ménages et alors après je suis rentrée comma aide-ménagère je m’occupais de personnes âgées voilà ma p’tite vie et elle s’arrête là ici

quelle leçon tirez-vous de tout ça

vous savez on se fait à tout à tout oui vous pouvez me croire bon quelle heure il est là on se fait à tout oui faut bien eh michel simon

pardon

oui michel simon c’est ça celui qui était si laid c’était michel simon oh là là qu’il était laid

jeudi, 09 août 2007

Lu sur le site de Rue 89

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Nicolas Sarkozy tel que le voit la presse internationale

En s'attaquant dimanche à deux représentants de la presse, Nicolas Sarkozy a perdu "un peu de son aura présidentielle" juge Charles Bremner, le correspondant du Times de Londres à Paris. L'épisode, plutôt burlesque, de Wolfeboro marque-t-il un tournant dans la perception que les médias étrangers ont du Président français?

Rue89 est allé voir comment la presse étrangère parlait de Nicolas Sarkozy. Réponse: en toute indépendance.

Cliquez sur les pictogrammes pour lire l'article concernant le pays qui vous intéresse.

"Contrairement à ce qu'on pense en France, les commentaires de la presse internationale sont très critiques pour Nicolas Sarkozy, remarque Anthony Bellanger, chef des informations de Courrier international. Il y a une distorsion incroyable entre le traitement de la presse britannique, allemande, italienne ou espagnole et la complaisance de la presse française."

Un tour d'horizon de quelques médias portugais, algérien, ivoirien, argentin, turc... montre en tous cas que la presse internationale écrit ce qu'elle veut. Ce qui ne signifie pas qu'elle étrille l'action de Nicolas Sarkozy, loin de là.

La présence de femmes et de personnes issues des minorités au gouvernement a ainsi été largement saluée. Le Président a des inconditionnels, comme ce chroniqueur brésilien qui pleure l'absence d'un homme comme lui dans le paysage politique local, ou son confrère britannique qui l'élève au statut de héros en prétendant qu'il a risqué la révolte en prenant des vacances outre-Atlantique; à Yaoundé, un fan club sarkozyste a même été créé.

Qu'ils semblent l'aimer ou pas, les médias du monde commentent son parcours très librement: en Turquie, la dimension "people" du couple présidentiel a été largement couverte, alors qu'au Sénégal on raille la "politique spectacle" et les journalistes français "pisse-copies".

Lu sur le site de Rue 89

"Sarkozy parlait de manière très excitée en français"

En vacances aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy s'en est pris à deux photographes dimanche. L'un d'eux raconte l'altercation.

Nicolas Sarkozy pendant ses vacances à Wolfeboro, samedi (Neal Hamberg/Reuters).

 

Sarkozy "perd son sang froid" ("his cool") ou ses "nerfs" ("his nerves"), se "déchaîne" ("lashes out") contre des photographes: la presse américaine, depuis lundi, ne cache pas sa surprise à propos du pétage de plombs de Nicolas Sarkozy. Il n'est pas courant de voir, outre-Atlantique, un bateau partir à l'abordage d'un autre sur un lac, sauf dans les films de James Bond. Encore moins d'assister à une altercation entre un chef d'Etat torse nu et des photographes, le premier sautant dans le bateau des seconds, et saisissant lui-même un appareil photo.

A bord du bateau assiégé se trouvaient Jim Cole, photographe pour Associated Press, et Vincent DeWitt, photographe freelance. Sarkozy les a copieusement engueulés en français. "Tout le monde était calme, sauf lui", a témoigné Vince DeWitt. Il a raconté la scène en détail à Guillemette Faure, collaboratrice de Rue89, dépêchée dans le New Hampshire par RTL et Le Figaro.

Vincent DeWitt raconte (en anglais, traduction ci-dessous):

Traduction:

"Nous avons attendu pendant quarante-cinq minutes, puis le Président et son entourage, les membres de sa famille et des agents de sécurité sont apparus et ont pris place à bord d'un bateau, et se sont mis en mouvement lentement en s'éloignant de la petite baie où se trouve sa résidence de vacances. Nous étions là où nous devions être, c'est-à-dire que nous n'avions traversé aucune frontière légale. Nous avions reçu l'autorisation d'être là de la part de la police de l'Etat.

Dès que nous avons vu le Président Sarkozy et son bateau, nous avons commencé à prendre des photos. Au fur et à mesure qu'il approchait, j'ai réalisé qu'il nous montrait du doigt. Au début, j'ai pensé que c'était un geste amical. Puis j'ai réalisé qu'il était aussi en train de crier. J'ai vu qu'il parlait au pilote du bateau, et l'a dirigé en direction de notre bateau. Ils se sont approchés, et à ce moment-là j'ai compris que le Président avait l'air très en colère. J'ai posé mon appareil photo, tout comme l'autre photographe à bord.

Le bateau du Président est arrivé près du nôtre, et il est venu à bord, vêtu d'un short sombre, pas de T-shirt, pas de chaussures. Evidemment, nous étions très surpris. Il parlait de manière très excitée en français. Nous lui avons dit que nous ne parlions pas le français, mais cela n'a pas semblé l'émouvoir car il a continué à nous parler en français. Nous avons demandé si quelqu'un pouvait nous traduire ses propos. Sur le moment, personne ne s'est proposé. Il s'est approché de moi, me pointant du doigt, et j'ai plus tard appris qu'il me disait en français qu'il avait demandé le matin même aux journalistes, lors de sa conférence de presse, de ne plus le photographier après la conférence de presse. C'est d'ailleurs pour ça qu'il avait tenu la conférence, pour permettre aux journalistes et photographes de l'interviewer.

Après quelques minutes, j'ai réalisé qu'il tenait entre les mains mon appareil photo. Il s'était avancé là où je l'avais posé, et il l'avait pris. J'ai d'abord pensé qu'il allait le garder. Ce geste m'a beaucoup surpris. A ce moment-là, sa femme –je crois bien que c'était elle même si je ne suis pas certain à 100% que c'était elle– m'a dit calmement avec un petit sourire qu'il était en colère car il pensait avoir clairement organisé les choses pour ne plus être photographié par la presse. L'autre photographe et moi avons alors expliqué que nous n'étions pas au courant. S'il l'avait dit en français, nous ne comprenions pas le français. Et il s'avère que c'est bien en français qu'il avait dit cela. Donc nous n'avions aucun moyen de le savoir.

Il est resté à bord de notre bateau cinq minutes, et finalement a commencé à se calmer. Il a dit quelques mots d'anglais, répétant qu'il avait conclu ce pacte. Nous étions tous les deux très respectueux envers lui, nous nous sommes excusés, et nous lui avons promis de ne plus le photographier ce jour-là. Il a haussé les épaules, et est remonté dans son bateau. Ils sont repartis, et nous sommes repartis de notre côté vers la rive du lac.

Nous avons été très surpris par ce qu'il a fait. Nous sommes désolés si nous avons causé le moindre désagrément à sa famille, mais nous supposions que comme il est le Président d'un grand pays, nous avions tous les droits de le photographier. Nous avions en tout cas tous les droits légaux de le faire.

Pouvez vous imaginer une situation similaire aux Etats-Unis?

Non, sûrement pas. Je ne sais pas si les hommes politiques américains sont plus malins que le Président Sarkozy, mais ils sont conscients des répercussions d'un tel acte... Je ne veux pas appeler ça une diatribe... Mais ils savent qu'une telle sortie colérique aurait un impact négatif sur eux. Je ne vois pas une telle chose se produire. Il n'est certes pas un nouveau venu en politique, je ne connais pas bien son histoire, mais on pourrait s'attendre à ce qu'il soit un peu plus conscient de ce qui va avec le fait d'être Président d'un pays important."

Recueilli par Guillemette Faure

mercredi, 08 août 2007

sa vie en 35 lignes

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qu'est-ce que c'est Monsieur

vous m'avez dit je vais venir vous voir mercredi 8 à 14 heures et je vais vous poser des questions sur votre vie c'est ce que vous m'avez dit ou non

oui je vous ai dit ça mais ce papier c'est quoi

c'est les choses importantes que vous voulez savoir de ma vie

moi c'est pas c'est pas pas que les choses importantes qui

vous voulez savoir à quelle heure je me lève ah non dites pas ça quand même

et pourquoi pas à quelle heure vous vous levez

ça c'est pas grave ça d'abord je dors mal moi oui ben moi c'est les choses importantes que je veux vous dire alors comme j'avais peur de les oublier en parlant avec vous comme ça là dans la conversation vous savez quelquefois ça euh bon alors je les ai notés tenez

tout est écrit sur ce papier

oui

toute votre vie

oui pas celle du voisin c'est pour vous vous le lirez chez vous

ah non c'est à vous de la lire votre vie

oh dites moi vous oh là là hein je me suis appliqué pour écrire et tout (long silence) bon si vous voulez (il tousse) je viens d’une famille très pauvre je n’avais que quatorze ans quand j’ai commencé à travailler mon père était agriculteur et ma mère restait à la maison pour s’occuper des enfants et du ménage je ne pouvais pas continuer mes études j’ai arrêté d’aller à l’école à quatorze ans après l’obtention de mon brevet à cette époque ma famille le Maroc et moi-même on vivait sous la colonisation française jusqu’en 1956 on a été sous colonisation française les Marocains ma famille vivaient dans la misère le pays était divisé en deux il y avait le clan français et le clan marocain il y avait des barrages partout même les cinémas étaient divisés en deux bien sûr les Français vivaient dans la partie moderne du Maroc et les Marocains eux dans la partie ancienne tous les soirs il y avait une heure précise pour rentrer chez nous on appelait ça le couvre-feu tu ne pouvais pas rester longtemps dehors le soir je vivais à Mecknès c’est la ville où je suis né et puis un jour les Marocains se sont rebellés ils voulaient l’indépendance les Français ont enfin quitté le pays ils ont emporté les biens ils ont emporté les savoirs  le pays était libre mais il était détruit par vengeance par colère les Marocains ont détruit les plantations que les Français avaient mis en place ils ont détruit le peu de choses qu’on leur avait laissé j’ai commencé à travailler à quatorze ans après mon brevet je me suis inscrit au concours d’infirmier pour soigner les animaux et plus particulièrement les vaches j’ai réussi mon concours du premier coup et j’ai commencé un stage de six semaines je me souviens que j’ai reçu une lettre d’un copain qui travaillait en France plus précisément en Corse il me disait de venir le rejoindre j’ai refusé je me sentais bien au Maroc je touchais de l’argent je me payais mes affaires je n’avais pas besoin d’autres choses jusqu’au jour où ma mère est morte tout est allé mal alors mon père a rencontré une femme avec laquelle il s’est mariée avec qui il a eue beaucoup d’enfants cette femme je ne l’ai jamais considérée comme ma mère même si c’était la nouvelle femme de mon père la famille s’est dispersée j’avais 18 ans j’en avais marre pardon pour ce mot mais j'ai cherché j'ai cherché d'autres euh ma fille elle est à la fac elle est intelligente m'a dit t'inquiètes alors bon et j’ai quitté la maison je suis parti pour la France je suis parti pour la corse j’ai réussi à y entrer et j’y ai travaillé comme agriculteur pendant un an puis ensuite j’ai travaillé à Marseille puis à Lille je suis reparti dans le sud puis dans l’ouest dans l’est et j’ai décidé de m’installer à Bordeaux où j’ai préparé un CAP de soudeur j’ai obtenu mon diplôme du premier coup je suis arrivé le premier c’est à dire que j’ai obtenu la meilleure note de toute la classe j’ai tout de suite trouvé à travailler j’ai beaucoup travaillé en intérim aujourd’hui je suis à la retraite mais j’ai eu un emploi fixe à Cenon aujourd’hui je suis père de cinq enfants Rachid Fatima Nabila Nabil Malika et je suis fier d'eux et je les aime voilà monsieur voilà c'est ma vie j'ai compté il y a 35 lignes

 

 

 

 

 

 

 

 

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