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dimanche, 15 avril 2007

Samedi 14 avril, au soir

Mon fils, l'aîné, court sans cesse. Il court dans le jardin, dans la maison, dans la rue, les magasins. Hier soir, je le regardais faire. J'aime cette citation de René Char : "L'homme est capable de faire ce qu'il est incapable d'imaginer. Sa tête sillonne la galaxie de l'absurde."  medium_mars07_124.jpg

vendredi, 13 avril 2007

Ce jour-là, la vieille dame rencontrée m'avait à peine invité à m'asseoir qu'elle se racontait déjà

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j’ai un souvenir très ancien parce que ça date tout à fait de mon enfance je me rappelle pas trop bien l’âge j’avais peut-être quatre ou cinq ans et j’avais un cousin aîné qui avait trois ans de plus que moi et âgé de mon aîné de trois ans quoi ce qu’il fait que nous passions nos vacances beaucoup ensemble parce que moi j’étais l’aî j’avais deux sœurs mais j’avais sept ans quand ma cadette est arrivée alors ce cousin pour moi c’était mon grand frère on était très très on s’entendait très bien tous les deux et on allait chez mes grands-parents passer les vacances les deux ensemble alors mes grands-parents vivaient sur un village un peu perché sur une hauteur et en bas y’avait une grande prairie et au bas de la prairie y’avait les rails du train alors à cette époque-là c’était les trains des machines à vapeur avec les chauffeurs qui étaient aussi noires que leurs machines (elle rit) leur casquette leurs grosses lunettes et ils nous avaient repérés nous avec nos mouchoirs on leur faisait des grands bonjours et ils nous avaient tellement bien repéré que chaque fois que ils donnaient un grand coup de sifflet un peu avant d’arriver à cette a à ce passage-là qui était à peu près à trois kilomètres de la gare parce que c’était la ligne de périgueux-ribérac par coumeyrac ça s’appelait et le sens inverse y’avait quatre trains par jour qui faisaient voyageurs et marchandises bien sûr alors à la la gare c’était à peu près à trois kilomètres la gare de l’isle c’était l’endroit où habitaient mes grands-parents c’était à à peu près à trois kilomètres de cet endroit alors à chaque fois le mécanicien donnait un grand coup de sifflet et nous on voyait les vitres qui s’abaissaient les gens qui se demandaient ce qui se passaient et qui nous faisaient de grands bonjours avec leurs mouchoirs là (elle rit) alors pour rien au monde on aurait manqué ce passage des trains mémé mémé parce qu’en dordogne c’était pas mamie c’était mémé mémé mémé tu nous appelles à telle heure à telle heure alors le matin c’était aux environs de dix heures et le soir c’était cinq heures (elle rit) je me rappelle très bien de ce passage alors c’était une petite fête pour nous même si on jouait avec d’autres enfants on partait vite à notre petit coin préféré là sur une bute pour voir passer ce train ces trains alors ça ça m’est resté tellement bien resté que ce cousin dont je vous parle a quatre-vingt onze ans maintenant et qui vit encore et qui a terminé sa carrière à la gare de tarbes comme chef de dépôt

et vous croyez que ça a un rapport avec le fait de

ben je sais pas et moi-même j’ai épousé un cheminot alors vous savez (elle rit) si vraiment y’a un rapport avec ça (elle rit) si vraiment si vraiment nos destinées étaient déjà préparées d’avance sans doute je pense (elle rit) on a toujours fait beaucoup de repas avec la famille et euh on en parlait quoi tous les deux tu te rappelles quand je t’amenais passer les trains et vite vite il m’attrapait par la main et fallait courir ma grand-mère est affolée quand elle me dit non quand elle lui dit à mon cousin fais attention parce qu’elle est plus petite que toi tu vas la faire tomber enfin ainsi de suite (elle rit) oui alors c’est un souvenir qui m’est revenu là comme on nous a dit de chercher dans nos mémoires mais j’étais très attirée par lui parce que d’abord il était très intelligent et il avait trois ans d’avance d’âge que moi alors il m’a il commençait à m’apprendre déjà il s’occupait beaucoup de moi me faire faire les devoirs me je le voyais le soir quand j’allais chez eux quand il était apprenti alors là il dessinait des trains toutes les machines son papa qui était très in intelligent qui le suivait là il avait son petit bureau-là et je le vois encore là moi j’y connaissais pas grand chose mais enfin il m’expliquait il disait tu vois ça c’est telle ou telle chose et j’ai admiré ses trains moi j’admirais ses dessins j’admirais tout ce qui faisait pour moi c’était un dieu (elle rit)